La Guyane n’est plus paralysée

Après 11 jours de blocage, un arrangement a finalement été trouvé vendredi. Les autorités guyanaises ont signé, jeudi, un protocole d’accord prévoyant une baisse de 50 centimes du prix du carburant à la pompe. Reste que pour obtenir cette baisse, le conseil général devra attribuer une aide de 5 millions d’euros à la société pétrolière des Antilles.

Le conflit sur les prix des carburants s’achève en Guyane. L’ensemble des barrages qui bloquent les principaux axes routiers du département d’Outre-mer ont été levés. L’accès routier à l’aéroport a également été rouvert. La raison de ce déblocage, un accord de sortie de crise signé, jeudi soir, par le préfet et les élus aménageant les conditions d’une baisse de 50 centimes d’euros des carburants à la pompe. « Je me réjouis que l’effort fait depuis une semaine par le gouvernement pour mobiliser des moyens et répondre aux attentes des collectivités aient permis à la fois, de satisfaire la population qui a levé les barrages, et de rétablir l’activité économique de la Guyane », a déclaré à l’AFP, vendredi, Yves Jégo, le secrétaire d’Etat français à l’Outre-mer.

L’Etat prêt à débloquer 10 millions d’euros

Conformément à l’accord, « le conseil général se déclare prêt à intervenir auprès de la SARA (société anonyme de la raffinerie des Antilles) » qui raffine et importe des carburants vendus en Guyane, « afin d’obtenir une nouvelle diminution de 20 centimes d’euros par litre à la pompe, ceci dans le respect de la législation nationale et européenne ». Reste que pour permettre cette baisse, le conseil général devra attribuer une aide de cinq millions d’euros sur trois mois à la société pétrolière. « Afin de prendre en compte les conséquences de cette sortie de crise sur les budgets des collectivités, l’Etat « va débloquer une enveloppe exceptionnelle de 10 millions d’euros de crédits d’investissements sur le Fonds exceptionnelle d’investissement » dont « 5 millions d’euros pour le seul conseil général », précise l’accord.

Cette baisse de 20 centimes s’ajoute aux 30 centimes consentis, vendredi, par les compagnies pétrolières sous la pression de l’Etat. Le total de 50 centimes de moins à la pompe correspond aux revendications du collectif d’associations de consommateurs et de socio-professionnels mécontents du prix du carburant (1,77 euros le litre d’essence et 1,55 euros celui du pétrole). Au total, cette grève de 11 jours aura coûté entre 13 et 15 millions d’euros par jour à l’économie guyanaise soit entre 143 millions et 165 millions d’euros. A ce prix là, l’Etat aurait pu réagir plus rapidement…