La guerre reprend au Soudan

Suite à la prise, dimanche, de la ville-garnison de Torit (Sud du Soudan) par la rébellion sudiste, le gouvernement de Khartoum a rappelé dès lundi sa délégation qui menait au Kenya des négociations de paix avec les rebelles. Et semble déterminé à reprendre les actions armées de plus belle.

Les espoirs de paix au Soudan partent en fumée. La rébellion sudiste et le gouvernement de Khartoum reprennent le langage des armes, au détriment de celui des hommes. Dimanche, l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), la rébellion représentant les communautés animiste et chrétienne du Sud du pays, a marché sur Torit, infligeant un revers militaire cuisant aux troupes gouvernementales. La ville-garnison de Torit était jusqu’alors l’une des plus importantes villes tenues dans le Sud par Khartoum.

Aucun bilan des affrontements n’a pu être annoncé. Selon un porte-parole de l’armée soudanaise cité par l’AFP,  » 9 000 rebelles équipés d’armes lourdes  » ont attaqué la ville et  » cinq chars  » rebelles ont été détruits. La réaction du président Omar Al-Béchir ne s’est pas fait attendre. Le chef de l’Etat a ordonné dès lundi le retour immédiat de la délégation qui menait des négociations de paix au Kenya avec les rebelles. Il a surtout donné carte blanche à l’armée pour qu’elle utilise  » toutes ses armes, sans restrictions d’aucune sorte  » pour reprendre Torit.

Intensifier la guerre

Le général Mohamed Béchir Souleimane, porte-parole de l’armée, s’est fait l’écho des paroles du président, annonçant à la radio nationale une mobilisation de toutes les forces armées pour reprendre la ville.  » Nous avons perdu une bataille mais pas la guerre. (…) L’armée soudanaise, par la mobilisation de toutes ses troupes, va intensifier la guerre dans toutes les zones de combat.  » Dont acte : des renforts de l’armée et des Forces de défense populaires (unités islamiques supplétives) ont été acheminées dès dimanche à Juba, principale ville du Sud tenue par Khartoum.

Les deux parties se sont mutuellement accusées d’avoir déclenché ces nouveaux combats qui risquent de mettre fin à toutes négociations de paix. Suite au protocole d’accord de paix signé le 20 juillet à Machakos (Kenya) entre la SPLA et le gouvernement, de nouveaux pourparlers avaient débuté le 12 août dans la même ville. Ils devaient aboutir à un cessez-le-feu et fixer la répartition du pouvoir et des richesses, notamment pétrolières.

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