La guerre d’Algérie n’est pas finie

L’Assemblée nationale française a voté mardi dernier l’adoption d’une proposition de loi visant à instituer le 19 mars  » Journée nationale du souvenir  » pour commémorer la guerre d’Algérie. L’hémicycle, qui doit entériner le texte le 22 janvier prochain, est en ébullition.

Odeur de souffre à l’Assemblée nationale française. Quand les députés font voter un projet de loi pour instituer le 19 mars  » Journée du souvenir  » pour commémorer la guerre d’Algérie (19 mars 1962, date du cessez-le-feu mettant fin au conflit), l’hémicycle est en émoi. Adoptée mardi à l’issue d’un vote à main levée, la proposition doit être solennellement entérinée le 22 janvier prochain avant d’être remise entre les mains du Sénat. Mais la partie est loin d’être gagnée.

Les blessures de l’Histoire ne sont pas encore cicatrisées. La guerre d’Algérie (1954-1962) reste en France un sujet très délicat. Lors du vote du projet de loi, les membres de l’opposition parlent de trahison, de scandale face à ce qu’ils considèrent comme un insolent camouflet infligé à la nation. La séance, présidée par Jacques Floch, secrétaire d’Etat aux Anciens combattants du gouvernement Jospin, est des plus houleuses.

Simple effet d’annonce

Si la proposition de loi a passé l’épreuve du vote, le véritable verdict tombera le 22 janvier prochain au cours d’un  » vote solennel  » de l’Assemblée. Et il faudra une majorité aux deux tiers pour que le dossier passe le barrage des députés et soit porté devant le Sénat. Improbable.  » La Journée du souvenir  » risque fort de rester lettre morte dès son passage par la première chambre du parlement.

 » (…) la République française s’honorerait à assumer son Histoire « , annonçait de son pupitre Jacques Floch. Si la Fédération des anciens combattants en Algérie, au Maroc et en Tunisie (Fnaca) milite pour la reconnaissance de ce pan du passé, l’Union nationale des officiers de réserve (Unor) s’y oppose farouchement. L’Unor rappelle que le 19 mars,  » Fête de la Victoire  » en Algérie, marque également le massacre de nombreux algériens partisans de la France. Dans les rangs civils, comme dans ceux de l’Etat, le texte est loin de faire l’unanimité. Si la guerre d’Algérie a fini de faire couler le sang, elle n’a pas fini de faire couler l’encre.