La grande distribution française va-t-elle investir en Afrique ?

Le ministre égyptien de l’approvisionnement, Hassan Khedr, cité par le quotidien Al-Ahram et repris par l’AFP, a annoncé l’installation probable en Egypte de la chaîne de supermarchés française Carrefour. La grande distribution mondiale semble vouloir faire de l’Afrique une nouvelle terre d’investissement.

La chaîne française, qui ne désire pas s’exprimer sur ce sujet, est un des pionniers de l’internationalisation, et ses activités s’étendent sur trois zones principales : Europe, Amérique, Asie. Un nouveau cap se dessine peut-être, visant à pénétrer le marché africain. La grande distribution française est peu représentée sur ce continent. Le groupe Promodès est le seul sur place avec un hypermarché à l’Ile Maurice, trois au Maroc et un supermarché à Madagascar. On note également un magasin Tati en Afrique du Sud.

Carrefour, comme tous les grands groupes de distribution mondiaux, semble vouloir accroître son internationalisation, et projette l’ouverture d’un hypermarché dans un centre commercial de 30 000 m2 à Tunis au cours de l’année 2000. Dans le passé, le grand groupe français s’était fixé pour règle de ne pas aller dans les pays où le PNB par habitant était inférieur à 4000 dollars. Mais la compétition est telle, que ce seuil a été revu à la baisse. Les places étant déjà prises sur les marchés  » émergents  » comme le Brésil, l’Argentine ou la Pologne, l’Afrique, et essentiellement l’Afrique du Nord, commence à attirer les regards.

L’anglais Sainsbury a par exemple pris le contrôle en juillet 1999 des supermarchés égyptiens Edge. Ce mouvement a toutes les chances de se poursuivre car le continent africain voit arriver aux commandes de nouveaux leaders politiques, gages possibles d’un renouveau économique : Abdelaziz Bouteflika en Algérie, Mohamed VI au Maroc, Thabo Mbeki en Afrique du Sud.