La famine s’étend à de nouvelles régions en Somalie

L’ONU a déclaré mercredi l’état de famine dans trois régions supplémentaires de la Somalie, portant à cinq le nombre de régions confrontées à cette catastrophe humanitaire.

Le Coordonnateur humanitaire de l’ONU en Somalie, Mark Bowden, a déclaré mercredi que le Corridor d’Afgooye, la capitale du pays, Mogadiscio, et la région du Moyen Shabelle, étaient en état de famine. Le 20 juillet dernier, les régions de Bakool et du Bas Shabelle avaient été déclarées dans un état de famine.

M. Bowden a estimé que cela confirme les inquiétudes de l’ONU exprimées récemment sur l’aggravation de la situation en Somalie et la nécessité urgente d’étendre les actions, a souligné mercredi le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, lors d’un point presse au siège de l’ONU à New York. « Les dernières informations confirment également la gravité des problèmes auxquels les déplacés internes sont confrontés à Mogadiscio et qui ont besoin d’une réponse immédiate et concertée », a-t-il expliqué.

Selon le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), il y avait déjà plus de 370.000 déplacés internes à Mogadiscio, avant le récent déplacement causé par la sécheresse et la famine, qui a poussé environ 100.000 personnes désespérées dans une ville ravagée par la guerre.

Pour le seul mois de juin, plus de 27.000 personnes sont devenues des déplacés à Mogadiscio après avoir fui les régions environnantes, principalement Bay, Bakool et le Bas Shabelle, toutes lourdement affectées par la sécheresse, a indiqué mardi le HCR. Parallèlement, au Kenya, l’afflux de réfugiés venus de Somalie se poursuit, avec plus de 40.000 Somaliens arrivés en juillet dans le complexe des camps de réfugiés de Dadaab. C’est le nombre d’;arrivants le plus important dans l’histoire de ce camp depuis 20 ans. Cette année, quelque 116.000 réfugiés somaliens ont déjà afflué à Dadaab.

La sécheresse dans quatre pays de la Corne de l’Afrique (Somalie, Kenya, Ethiopie et Djibouti) est considérée comme la pire catastrophe connue par la région depuis 60 ans. Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA), il manque 1,4 milliard de dollars pour venir en aide à 12,4 millions de personnes dans le besoin dans ces pays. Le conflit qui ravage la Somalie aggrave la catastrophe dans ce pays puisque les groupes armés qui y sévissent empêchent parfois les travailleurs humanitaires d’;apporter l’aide.

Le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour la Somalie, Augustine Mahiga, a appelé mercredi tous les Somaliens à travailler ensemble pour soutenir le processus de paix. « J’appelle tous les Somaliens, à l’intérieur où en dehors de la Somalie, à travailler ensemble pour soutenir le processus de paix et à résoudre les différences au travers de dialogue et de négociations. Nous sommes dans un moment de crise mais également dans un moment d’opportunité. Il est temps pour tout le monde de se rassembler pour aider ceux qui souffrent et pour travailler vers un meilleur futur pour tous », a déclaré M. Mahiga dans une lettre adressée à tous les Somaliens.

« Malheureusement au milieu de cette crise, les combats continuent. L’insécurité dans certaines zones signifient que les travailleurs humanitaires prennent de grands risques pour acheminer l’aide », a expliqué M. Mahiga.

« La famille de l’ONU fait ce qu’elle peut pour acheminer l’aide dans le pays », a-t-il ajouté.

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