La devise locale réhabilitée

Le Kwanza, la devise angolaise, servira désormais d’unité de compte pour les transactions locales. C’est l’objectif principal des mesures financières et monétaires adoptées vendredi dernier en conseil des ministres par le gouvernement. Avec le retour de la paix, le Kwanza devrait peu à peu se substituer au dollar américain dans la vie quotidienne des Angolais.

C’est une nouvelle ère qui s’annonce pour le Kwanza, la devise nationale de l’Angola. Le gouvernement a en effet adopté en conseil des ministres, vendredi dernier, une série de décrets en matière de finance et de politique monétaire pour mettre fin à la dollarisation de l’économie angolaise. Ces nouvelles mesures devraient permettre de stabiliser le Kwanza et de le substituer au dollar américain pour une plus grande efficacité de la politique monétaire du pays.

« Il est nécessaire que les institutions bancaires et financières ainsi que le public en général apprennent à travailler avec le Kwanza, en vue de garantir plus de crédits en monnaie nationale », a affirmé Adriano Pascoal, le vice-gouverneur de la Banque nationale d’Angola (banque centrale). De fait, les crédits octroyés par les banques sont libellés en dollar et il en a été de même, au cours de ces deux derniers mois, pour 85% des dépôts bancaires effectués sur le territoire. Cette transformation des habitudes s’avère indispensable pour que l’Etat garde la maîtise de sa politique économique et financière.

Exit le dollar

« Les paiements des salaires et d’autres prestations de service à partir des fonds tirés du budget général de l’Etat seront désormais effectués en monnaie locale », a indiqué Manuel Junior, ministre des Finances. Les travailleurs nationaux et les expatriés employés, notamment dans les entreprises pétrolières, étaient rémunérés en dollar américain. De même, les impôts versés par ces firmes seront dorénavant perçus en kwanzas.

Ce sont, par ailleurs, les règles édictées par la Banque centrale angolaise qui prévaudront quant aux dépenses publiques relatives aux transferts et opérations en devises étrangères. Sont principalement concernés par cette réforme monétaire et fiscale : le Compte Unique du Trésor (qui centralisera les ressources de l’Etat), les opérations en monnaie étrangère, les recettes du secteur pétrolier, l’achat et la vente de devises et les bureaux de change. Ces derniers, fermés depuis 1990, pourront à nouveau être opérationnels. Cette nouvelle configuration monétaire de l’Angola s’inscrit dans le cadre d’un dispositif mis en place pour faire renaître son économie ravagée par plusieurs années de guerre.