
À 130 kilomètres de Luanda, sur les rives escarpées du fleuve Kwanza, se dresse le sanctuaire de Notre-Dame de Muxima. Ce lieu est le centre de gravité de la foi angolaise, là où l’histoire coloniale a fini par s’incliner devant la dévotion populaire.
Un nom, une âme
En langue Kimbundu, Muxima signifie « cœur ». Un nom prophétique pour ce petit village de la province de Bengo qui, chaque année, bat au rythme des pas de centaines de milliers de pèlerins. Fondée en 1589 par les Portugais, l’église de Muxima est l’un des plus anciens édifices chrétiens d’Afrique subsaharienne. Mais au-delà des vieilles pierres de l’époque coloniale, c’est la statue de la Vierge, affectueusement appelée « Mama Muxima », qui attire les foules.
Un refuge dans l’histoire
Le site est chargé d’une mémoire lourde. Surplombé par une forteresse portugaise qui servait autrefois de point d’appui à la traite négrière et aux guerres de conquête, Muxima a su transformer ce passé sombre en un espace de guérison.

Pendant les 27 ans de guerre civile qu’a connus l’Angola, le sanctuaire est resté un havre de paix, un lieu de neutralité où l’on venait prier pour le retour des fils disparus ou la fin des combats. Aujourd’hui encore, on y vient de tout le pays pour demander un miracle, une naissance ou remercier pour une guérison. Des pélerins se déplacent même de la RD Congo voisine.
Muxima : Le plus grand pèlerinage catholique d’Afrique australe
Classé monument national en 1924, le site fait l’objet d’un vaste projet de modernisation. Le gouvernement angolais et l’Église collaborent pour transformer ce bourg paisible en un pôle de tourisme religieux d’envergure internationale. Il est désormais capable d’accueillir plus d’un million de personnes lors des grands rassemblements d’août et septembre.
Pourquoi Léon XIV s’y arrête ?
Pour le pape Léon XIV, faire halte à Muxima le dimanche 19 avril est un geste fort. C’est une reconnaissance de la piété populaire, celle qui survit aux crises économiques et aux mutations politiques. En priant le rosaire face au fleuve Kwanza, le Souverain Pontife s’immerge dans l’identité profonde de l’Angola. Une terre qui, malgré les épreuves, garde son « cœur » ouvert.
Le saviez-vous ?
- Architecture : L’église actuelle date de 1648, reconstruite après avoir été endommagée durant l’occupation hollandaise.
- Légende : On raconte que la statue de la Vierge est arrivée par le fleuve et qu’elle a choisi de rester là. Ainsi, elle protège les habitants des crues et des épidémies.
- Affluence : Le pèlerinage annuel de septembre est considéré comme le plus grand rassemblement catholique d’Afrique australe.



