La démocratie africaine célébrée à Tunis

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La messe annuelle de la fondation Ibrahim Mo s’est ouverte samedi soir à Tunis. Un évènement qui récompense les dirigeants africains pour leur bonne gouvernance. Le lauréat de cette édition était Pedro Pires, l’ex-président du Cap-Vert.

Il ne pouvait en être autrement. Dans quelle autre capitale africaine célébrer la démocratie africaine, si ce n’est à Tunis point de départ des révoltes arabes? Et c’est précisément pour rendre hommage au peuple tunisien que la fondation Ibrahim Mo a choisi d’organiser sa conférence annuelle au Palais des congrès de Tunis ce week-end. “Cette année a été une année de transformation en Afrique, soulignant avec force le besoin de dirigeants d’élite, a indiqué Ibrahim Mo dans son discours d’ouverture de la cérémonie de remise du prix Ibrahim du leadership africain. Nous avons vu les citoyens tenir tête aux tanks, les dictateurs chuter et les pays poser les premières pierres de la création de sociétés et d’institutions démocratiques constructives. Mon propre pays, le Soudan, a donné naissance à deux nouvelles nations ; le mois dernier, la Tunisie nouvelle a organisé ses premières élections ; les reformes se poursuivent en Libye et en Egypte. Beaucoup reste encore à faire pour s’assurer que les évènements exceptionnels de cette année débouchent sur des solutions plus démocratiques, plus équitables et plus prospères pour tous. Mais nous sommes confiant parce que le printemps arabe est toujours là.” Et de rappeler : “c’est la Tunisie qui a donné son nom à l’Afrique, nous devons nous en rappeler.”

« Cette année a été une année de transformation en Afrique »

Place ensuite au lauréat du prix Ibrahim du leadership africain, l’ex-président du Cap-Vert, Pédro Pires, ovationné par toute l’assemblée. Laquelle réunissait des invités de marque, l’Egyptien nobélisé El Baradei, Jean Ping président de la Commission de l’Union africaine (UA), ou encore l’ancien ministre des Affaires étrangères français, Michel Barnier. Pédro Pires succède ainsi à d’illustres chefs d’Etats africains, le président du Mozambique Joaquim Chissano, premier lauréat du prix Ibrahim et le président du Botswana Festus Mogae en 2008. Nelson Mandela également, à titre honoraire. Le prix Ibrahim, la plus importante dotation annuelle, récompense à hauteur de 5 millions de dollars sur dix ans, complétée par 200 000 dollars versés chaque année, à vie, d’anciens chefs d’Etats du continent, élus démocratiquement, et s’étant fait remarquer au cours de leur mandat, pour la qualité de leur gouvernance. “Je félicite chaleureusement le président Pires qui a si hautement mérité d’être lauréat du prix Ibrahim cette année, a salué Ibrahim Mo. Le Cap-Vert est devenu un modèle de stabilité et de prospérité dont nous pouvons tous êtes fiers et qui, nous l’espérons, pourra servir d’exemple.”

« Le Cap-Vert est devenu un modèle de stabilité et de prospérité dont nous pouvons tous êtes fiers « 

Le Cap-Vert, jeune pays souverain, est récemment sortie de la catégorie des pays sous-développé pour entrer dans celle des pays intermédiaires dans la classification de l’ONU signe de son décollage. Un exploit pour un pays dépourvu de ressources naturelles, composé d’une multitude d’ilots, très éloigné du continent, essentiellement dû à un homme, le président Pires qui en outre, a eu la sagesse de se retirer à l’issue de son second mandat, sans chercher à modifier la Constitution. Le chanteur sénégalais Youssou N’Dour lui dédicacera son “Hymne africaine”, “pour votre leadership, surtout pour ne pas avoir changé la Constitution, ce qui est très important.” Sans doute un message lancé à son propre président Abdoulaye Wade, lequel envisage de se présenter à la prochaine présidentielle sénégalaise, pour un troisième mandat ce qui nécessitera une révision des textes constitutionnels.
En attendant, la cérémonie s’est conclue, comme de coutume en terre africaine, en musique, sur les notes de la béninoise Angélique Kidjo et de Youssou N’Dour. “Let’s dance” a-t-il lancé aux invités dont une bonne partie, entrainé par Mo Ibrahim lui-même, l’a suivi sur la scène.

Aujourd’hui dimanche 13 novembre, une intense journée de travail les attend, toujours a Tunis : d’éminents experts du monde entier viennent plancher sur la question de l’agriculture et de l’autosuffisance alimentaire. Une urgence en Afrique elle aussi liée à la question de la bonne gouvernance.

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