La Croisette sans Africains

Les Africains seront une fois de plus les grands absents du Festival de Cannes. Histoire d’habitude, direz-vous. Déjà l’année dernière, le palmarès n’était pas bien brillant pour le Continent Noir. A part la Tunisienne Moufida Tlatli, qui présentait son très beau film  » La saison des hommes « , dans la sélection  » Un certain regard « , les films africains ne se bousculaient pas au portillon.

Pour l’édition 2001 du Festival, c’est pire. Pas de film en compétition officielle. Un documentaire de l’Iranien Abbas Kiarostami,  » ABC Africa « , montre l’Afrique par le biais du sida. Donc rien de très optimiste. Il faut aller chercher dans des sélections parallèles, qui réservent parfois de bonnes surprises. Ainsi, le Tunisien (encore…) Khaled Ghorbal présentera son premier long métrage à la Quinzaine des Réalisateurs,  » Fatma « . La réalisatrice et scénariste burkinabée Fanta Regina Nacro y montrera son court,  » Bintou « . Dans la catégorie  » Un certain regard « , l’Afrique du Sud sera représentée par  » Hijack Stories  » de Oliver Schmitz. Et c’est tout.

Pourtant, le Fespaco de Ouagadougou était bien fourni cette année et certains films, comme  » Ali Zaoua, Prince de la rue  » du Marocain Nabil Ayouch avaient reçu de belles critiques et un accueil chaleureux du public français. Alors où est le problème ? Un manque de moyens bien sûr, de mauvais circuits de distribution, c’est certain. Mais aussi un manque d’enthousiasme de la part des organisateurs qui comme chaque année (ou presque) nous déroulent sur un tapis rouge des David Lynch et autres incontournables Frères Coen.

La Croisette a ses habitués. Gageons qu’à l’instar de Moufida Tlatli, qui revient cette année en tant que membre du jury, certains Africains réussiront à s’imposer dans cette grand messe du cinéma international.