La crise ivoirienne dans l’impasse

Sept chefs d’Etat ouest-africains se sont réunis mardi au Ghana pour faire avancer le processus de paix en Côte d’Ivoire. Le projet initial prévoyait notamment le renforcement des prérogatives du Premier ministre ivoirien. Le bilan a laissé place à un quasi statu quo.

Un simple communiqué. C’est tout ce qui est ressorti du mini-sommet d’Accra qui s’est tenu, mardi à huis clos, dans la capitale ghanéenne pour régler le conflit qui ronge la Côte d’Ivoire depuis plus d’un an. La rencontre, la troisième du genre, devait déboucher sur un renforcement des pouvoirs du Premier ministre ivoirien. Mais au terme des pourparlers, Seydou Diarra et le Président Laurent Gbagbo ont simplement accepté de « collaborer étroitement » pour assurer le bon fonctionnement du gouvernement de réconciliation nationale.

Un statu quo agaçant

Officiellement, les six chefs d’Etat ouest-africains (Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Togo, Bénin, Nigeria et Niger) et leurs ministre des Affaires Etrangères ont rejoint le Président ghanéen John Kufuor pour « une revue de la situation sécuritaire » dans la sous-région. Mais, actualité oblige, les discussions de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (Cedeao) se sont surtout orientées sur la crise ivoirienne. Au programme : l’étude du renforcement des prérogatives du Premier ministre Diarra pour faire appliquer les accords de paix de Marcoussis (France) signés en janvier dernier. Des accords qui, selon les ex-rebelles et la quasi-totalité de la sphère politique du pays, sont sérieusement mis à mal par les blocages issus du camp présidentiel. Des dérives contre lesquelles les Forces Nouvelles protestent en boycottant le gouvernement de réconciliation depuis un mois et demi.

Les plus fidèles opposants de Laurent Gbagbo, y compris Guillaume Soro (ex-ministre de la communication du gouvernement de réconciliation), n’étaient pas présents à Accra III. Ce qui n’a pas évité au Président ivoirien les injonctions de ses pairs pour qu’il s’engage fermement dans le processus de paix. Au bout de trois heures de discussions, le secrétaire exécutif de la Cedeao, Mohamed Ibn Chambas, a déclaré que : « Concernant la situation en Côte d’Ivoire, le Président (Gbagbo) et le Premier Ministre (Seydou Diarra) se sont engagés à travailler étroitement ensemble et à s’assurer que le gouvernement de réconciliation nationale fonctionne comme une équipe ». Une conclusion qui n’a pas satisfait les participants. Comme pour l’ouverture du mini-sommet, il n’y a eu aucune déclaration. Les participants sont sortis séparément. Certains, selon l’AFP, étaient même visiblement en colère, à l’image des Présidents béninois Mathieu Kérékou et nigérian Olusegun Obasanjo.

Plus de forces de sécurité

Les chefs d’Etat ont tout de même pu se mettre d’accord sur « la nécessité de garantir la sécurité des membres du gouvernement », a expliqué le secrétaire exécutif de la Cedeao. C’est dans cette optique que 80 gendarmes togolais et nigériens vont venir gonfler les troupes de la force de paix ouest-africaine déjà en place en Côte d’Ivoire. Les leaders politiques ont par ailleurs appelé le Conseil de sécurité des Nations Unies à étudier l’augmentation de la force de la Cedeao dans le pays et à transformer le contingent en force de maintien de la paix onusienne.