La crise internationale fragilise l’économie du Maroc

L’économie marocaine continuera à résister face à la crise internationale en 2009. Elle fera même légèrement mieux, d’après les prévisions, que cette année, grâce aux bonnes performances du secteur agricole. Mais plusieurs secteurs importants de l’économie souffrent déjà du ralentissement mondial et des inquiétudes planent sur d’autres. Le textile, l’automobile, et le tourisme par exemple. Les autorités du pays restent optimistes et entendent explorer d’autres marchés pour les exportations.

La croissance économique du Maroc devrait atteindre 5,8% en 2009, a annoncé ce lundi le gouvernement du pays, contre une progression de 5,1% cette année, selon le Centre marocain de conjoncture (CMC). Les conséquences néfastes de la crise financière internationale seront donc limitées pour l’économie du Royaume. Le salut viendrait notamment de l’agriculture. Les pluies qui s’abattent depuis deux mois sur le pays devraient favoriser de bonnes récoltes l’année prochaine. Selon le Centre marocain de conjoncture (CMC), le secteur agricole devrait continuer sur la lancée de 2008 pour boucler 2009 sur une « super-performance » de +15,6%, écrit L’Economiste.

Si l’on écarte le secteur agricole, l’économie marocaine ne devrait progresser que de 3,5% en 2009, plusieurs secteurs de l’économie marocaine commençant à pâtir du ralentissement mondial, indique Le Monde. A commencer par le secteur de l’automobile. Frappés de plein fouet par la crise internationale, les constructeurs et équipementiers automobiles installés au Maroc ont revu à la baisse leur prévisions de production et de ventes.

Si des fermetures d’usine et d’importantes suppressions d’emplois ont été annoncées en Occident, au Maroc, plus précisément dans la région industrielle de Tanger cette conjoncture se traduit par « une baisse de la production de 20 à 40% », indique Adil Raiss, président de l’Association de la zone industrielle de Tanger (Azit), cité par Le Monde.

Ensuite, viennent la confection et le textile qui souffrent aussi. Très dépendants de l’Europe, ces secteurs affichent déjà des baisses en 2008. Selon Mohamed Tamer, président de l’Association marocaine des industriels du textile et de l’habillement (Amith), les clients européens liquident actuellement leurs stocks. Conséquences : les commandes sont en recul et 2009 reste une année d’incertitudes.

Se tourner vers l’Afrique subsaharienne

De grosses inquiétudes planent également sur le tourisme marocain. Le Royaume, qui accueille près de sept millions de visiteurs par an, veut porter ce chiffre à dix millions en 2010. Cet objectif est désormais difficilement atteignable puisque 85% de ces touristes viennent du Vieux continent qui entre en récession. Une autre crainte, elle concerne les transferts de fonds des Marocains résident à l’étranger. « S’il y a davantage de chômage en France, les Marocains auront moins d’argent à envoyer et à investir », a déclaré à Yabiladi, Zouhair Chorfi, directeur du Trésor.

Exportations menacées, tourisme en danger, sombres perspectives sur les transferts de fonds de la diaspora…, les autorités marocaines veulent tout de même rester optimistes et avancent que l’économie va rebondir. Elles entendent transformer les menaces amenées par cette crise en opportunités. Pour y arriver, elles comptent explorer de nouveaux marchés notamment en Afrique sub-saharienne.

En novembre dernier, le gouvernement marocain a appelé les entreprises du pays à se tourner vers l’Afrique sub-saharienne. Une étude qu’il a commandée à la direction des études et des prévisions financières (DEPF) indique que «le marché africain peut s’avérer porteur pourvu que les entreprises marocaines exportatrices adoptent une stratégie d’adaptation à la demande d’importation de cette région». Il s’agit pour ces sociétés de tenir compte de « la faiblesse du pouvoir d’achat des consommateurs africains », et de privilégier « une stratégie de production de masse de faible ou moyenne qualité » à des coûts faibles. Notamment dans la filière textile. Mais plusieurs autres difficultés doivent d’abord être surmontées.

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