La Côte d’Ivoire reprend sa place au sein de l’Uemoa

La crise post-électorale en Côte d’Ivoire avait perturbé ces derniers mois le fonctionnement de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Le sommet extraordinaire de Lomé accueillera ce lundi le président ivoirien Alassane Ouattara pour évoquer la relance de l’économie ivoirienne et par conséquent celle de la sous-région dont le pays est la locomotive.

Le sommet extraordinaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) se tient ce lundi à Lomé, la capitale du Togo qui assure la présidence de l’organisation. Tout comme son homologue nigérien, Mahamadou Issoufou, c’est le premier grand rendez-vous sous-régional auquel assistera le nouveau président ivoirien, Alassane Ouattara. C’est son pays, comme lors du sommet ordinaire de janvier dernier à Bamako, qui devrait monopoliser l’attention des dirigeants de l’Uemoa. Le président de la commission Soumaïla Cissé a annoncé ce dimanche l’octroi d’un don de deux milliards de F CFA à la Côte d’Ivoire. La relance de la principale économie de l’union, « l’impact de la crise ivoirienne sur le système financier, monétaire, économique (de la sous-région) », explique Soumaïla Cissé, sont à l’ordre du jour. A l’instar des questions énergétiques et sécuritaires. Les crises ivoirienne et libyenne, dont le Niger est frontalier, sont à l’origine d’une circulation massive d’armes dans la sous-région.

Un nouveau gouverneur pour la Bceao

Les nouveaux membres de la commission de l’Uemoa, ainsi que le successeur du Malien Soumaïla Cissé, seront aussi connus à l’issue de la rencontre. La Guinée-Bissau, le Sénégal et le Niger ont présenté des candidats à la présidence de la commission. Selon certains observateurs, elle pourrait revenir à l’ancien ministre nigérien des Finances, Malam Annou, une sorte de prime à la démocratie après la transition militaire réussi à un pays qui ne dirige actuellement aucune organisation sous-régionale.

En ce qui concerne les autres institutions de l’Union, la Côte d’Ivoire devrait également livrer ce lundi l’identité de celui qui succèdera à Philippe-Henri Dacoury-Tabley, obligé de démissionner de son poste de gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao). Il n’avait pas respecté les instructions de l’Uemoa et soutenu l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo pendant la crise post-électorale en Côte d’Ivoire. L’ancien gouverneur a d’ailleurs été arrêté le 11 avril dernier avec l’ancien chef d’Etat ivoirien auprès de qui il s’était réfugié dans sa résidence de Cocody. Plusieurs images diffusées, il y a quelques semaines sur le Net, montraient Philippe-Henri Dacoury-Tabley, en sous-vêtements, encadré par des hommes dans les bras desquels il s’évanouissait.

Quant à la Banque ouest-africaine de développement (Boad), le sommet de Lomé sera le premier de son président, Christian Adovelande qui a succédé à son compatriote béninois Abdoulaye Bio-Tchané, candidat à la récente présidentielle dans son pays.

Les huits pays de l’Uemoa – Bénin, Burkina Faso, Mali, Niger, Togo, Sénégal Guinée-Bissau et Côte d’Ivoire – utilisent le franc CFA.