La Côte d’Ivoire et le Niger préoccupent l’Uemoa

Le coup d’Etat au Niger et les tensions en Côte d’Ivoire ont été à l’ordre du jour du 14e sommet de l’Union économique et monétaire ouest-africaine qui s’est tenu ce samedi au Mali. L’organisation a réaffirmé sa volonté d’accélérer sa marche vers l’institution d’un visa unique pour les non-ressortissants de la zone, de mettre en place une politique commune en matière de tourisme et d’aider ses membres à surmonter les conséquences du réchauffement climatique.

La 14e session ordinaire de la conférence des Chefs d’Etat de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), rendue très politique par la situation de deux de ses Etats membres, s’est achevée ce samedi à Bamako, au Mali. Les chefs de l’Etat de la zone – le malien Amadou Toumani Touré, président en exercice de l’organisation, le Béninois Thomas Yayi Boni, le Burkinabé Blaise Compaoré, le Bissau-guinéen Malam Bacai Sanha, le Sénégalais Abdoulaye Wade et le Togolais Faure Gnassingbé – se sont notamment exprimés sur la situation politique au Niger et en Côte d’Ivoire. Par la voix du président de la Commission de l’Uemoa, Soumaïla Cissé, la conférence « a vivement condamné le remplacement par la force » du régime du président Mamadou Tandja, a « déploré les pertes en vie humaines » et appelé au « prompt rétablissement de l’ordre constitutionnel ».

A sa seule initiative, une délégation de la junte au pouvoir depuis jeudi, conduite par le colonel Djibrilla Hamidou Hima, s’est présentée au sommet de l’Uemoa pour « expliquer » la situation au Niger. « J’ai rencontré mes aînés, j’ai expliqué notre problème, a déclaré Djibrilla Hamidou Hima aux journalistes, après s’être entretenu une trentaine de minutes avec les présidents de l’Uemao et leurs représentants réunis en huis clos. « Ils nous ont écoutés et nous ont demandés de leur donner des explications, a ajouté le responsable nigérien. Tous n’étaient pas surpris de ce qui s’est passé. Ils nous ont prêtés une oreille attentive. ils nous ont compris, ils nous ont rassurés ».

Quant aux autorités ivoiriennes, la conférence les a invitées à « respecter les engagements issus des accords conclus sous l’égide de la communauté internationale, notamment l’accord de Ouagadougou ». La Côte d’Ivoire est en proie à de vives tensions depuis l’annonce de la dissolution du gouvernement et de la commission électorales indépendante par le président Laurent Gbagbo la semaine dernière. Le président ivoirien était représenté au sommet de Bamako par son envoyé spécial Paul-Antoine Bouhoun Bouabré.

Visa unique pour politique touristique commune

Evoquant les autres points de l’ordre du jour, Soumaïla Cissé a noté qu’en dépit de la mauvaise conjoncture internationale qui a prévalu en 2009, les économies de la zone avaient « bien résisté ». Néanmoins, leurs performances économiques restent « faibles ». Les Etats membres ont été ainsi exhortés à poursuivre les réformes nécessaires à la pleine réalisation de l’union, outil d’intégration économique et de développement. La conférence a notamment demandé aux pays la mise en œuvre de la reconnaissance mutuelle des visas instituée en octobre 2009. L’étape est cruciale dans l’avènement d’un visa unique pour les non-ressortissants de l’Uemoa en 2011. Elle a également annoncé son intention de lancer une politique commune de tourisme. En outre, face aux effets du changement climatique et leurs conséquences, notamment des inondations dans plusieurs Etats, Soumaïla Cissé a indiqué que son organisation souhaitait qu’un mécanisme d’urgence de gestion des calamités naturelles voit le jour.

Le président malien Amadou Toumani Touré a été reconduit dans ses fonctions de président en exercice de l’Uemoa dont le 15e sommet des chefs d’Etat est prévu en janvier prochain.

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