La CEDEAO se range derrière l’ONU en Côte d’Ivoire


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La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (CEDEAO) a réaffirmé, vendredi, que la résolution de l’ONU sur la Côte d’Ivoire était « le véritable cadre de référence pour le règlement de la crise » dans ce pays.

Dans un communiqué publié à l’issue du sommet extraordinaire de l’organisation sous-régionale de 15 membres à Abuja, au Nigeria, la CEDEAO a condamné toutes les formes d’obstacles et demandé au Conseil de sécurité de l’ONU de « prendre les mesures appropriées  » pour assurer la mise en œuvre de ladite résolution.

« La crise a trop duré »

Le communiqué, lu par le secrétaire exécutif de la CEDEAO, Mohammed Ibn Chambas, a déploré « les nombreux retards qui rendent difficile la tenue des élections le 31 octobre » avant de souligner que « la crise a trop duré et représente une menace pour la paix et la stabilité dans la sous-région ».

Les analystes estiment que la réaffirmation, par les dirigeants ouest-africains, de leur soutien au plan de paix de l’ONU n’aurait pas l’heur de plaire au président Laurent Gbabgo, qui a rejeté ce plan et critiqué les efforts de médiation de l’ONU. Ils pensent que cela peut aussi indiquer un rejet de l’appel des rebelles ivoiriens en faveur d’un nouveau schéma de paix avec un président de transition, à l’expiration du mandat du président Gbagbo le 31 octobre.

Bien que les dirigeants ouest-africains soient restés muets au sujet de la prolongation ou non du mandat de M. Gbabgo, l’expression de leur attachement au plan de l’ONU pourrait se traduire par la réduction des pouvoirs du président ivoirien et le renforcement du poste de Premier ministre.

Renforcer les pouvoirs du Premier ministre

En septembre dernier, le Groupe de travail international (GTI)chargé de superviser la mise en application de la Résolution 1633 du Conseil de sécurité de l’ONU détaillant le plan de paix, a recommandé la réévaluation de l’équilibre des pouvoirs en Côte d’Ivoire. La recommandation du GTI, si elle est acceptée, renforcerait les pouvoirs du Premier ministre, assurerait une plus grande implication de la communauté internationale et aboutirait surl’usage des sanctions.

La Résolution de l’ONU avait prolongé le mandat du président Gbagbo de 12 mois à condition que le pays organise des élections « libres, justes, ouvertes et transparentes » et nomme un Premier ministre chargé de l’identification et l’organisation des élections, et du désarmement des milices.

Les partisans de M. Gbagbo réclament à cors et à cris la prolongation du mandat de ce dernier, tandis que les rebelles veulent qu’un président de la transition soit désigné. Ces désaccords ont donné lieu à des discours enflammés ces dernières semaines en Côte d’Ivoire, faisant monter la tension dans ce pays coupé en deux entre le nord dominé par les rebelles, et le sud contrôlé par le gouvernement, depuis le déclenchement d’une rébellion armée en septembre 2002.

Le président Gbagbo et d’autres dirigeants de dix pays membres dela CEDEAO – Nigeria, Niger, Guinée-Bissau, Burkina Faso, Sénégal,Togo, Bénin, Cap-Vert, Liberia et Mali – ont participé à cette réunion qui a duré 10 heures. La Gambie, le Ghana, la Sierra Leone et la Guinée Conakry étaient représentés par leurs ministres des Affaires étrangères etd’autres hauts responsables.

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