La Cedeao pourrait employer la force contre Gbagbo

La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest a demandé ce vendredi à Laurent Gbagbo, l’un des deux présidents ivoiriens, de céder le pouvoir à Alassane Ouattara. Elle est prête à faire usage de la violence pour l’y contraindre.

Les Etats de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) menacent Laurent Gbagbo d’user de la force pour le déloger du pouvoir. « En cas de rejet de cette demande non négociable, la Communauté n’aura d’autre choix que de prendre toutes les mesures nécessaires, y compris l’usage de la force légitime pour réaliser les aspirations du peuple ivoirien », indique le communiqué final du sommet extraordinaire qui s’est tenu ce vendredi à Abuja, au Nigeria. Le pays assure la présidence tournante de l’organisation sous-régionale.

Ouattara appelle l’armée ivoirienne à la rescousse

Laurent Gbagbo, président ivoirien proclamé par le Conseil constitutionnel, s’oppose à Alassane Ouattara, déclaré victorieux par la Commission électorale indépendante (CEI) au second tour de la présidentielle le 28 novembre dernier. Ce dernier est soutenu par l’ensemble de la communauté internationale, notamment l’Union africaine, les Nations unies, l’Union européenne et les Etats-Unis. Le président élu de la Côte d’Ivoire, selon la CEI, espérait que la Cedeao choisirait l’option de la force pour obliger Laurent Gbagbo à quitter le pouvoir. Depuis le Golf Hôtel à Abidjan, où son gouvernement a trouvé refuge, le leader du Rassemblement des républicains (RDR) a demandé ce vendredi à l’armée ivoirienne de se rallier à lui pour protéger les populations ivoiriennes. « En tant que chef suprême des armées, je demande aux Forces de défense et de sécurité (FDS, loyales à Gbagbo) d’assurer leur mission républicaine de protection des populations contre les miliciens et mercenaires étrangers qui font couler le sang des Ivoiriens », a déclaré Alassane Ouattara.

Les Nations unies ont indiqué que des « atrocités » ont été commises en Côte d’Ivoire. Selon l’ONU, entre le 16 et le 21 décembre, « 173 meurtres » auraient été commis. La Cedeao a également menacé Laurent Gbagbo de le traîner devant la justice internationale.