La Cedeao exige le retour à l’ordre constitutionnel au Mali

La communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) au chevet du Mali. L’organisation sous-régionale s’est réunie en sommet extraordinaire ce mardi à Abidjan, la capitale économique ivoirienne . Au terme de cette rencontre la Cedeao exige le retour immédiat à l’ordre constitutionnel au Mali. Le chef de l’Etat burkinabè Blaise Compaoré a été quant à lui nommé médiateur.

La Cedeao demande le rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel au Mali. C’est l’une des principales exigences du sommet extraordinaire des chefs d’Etats et de gouvernement de l’organisation. Ainsi la Conférence a décidé de dépêcher une délégation de haut niveau conduite par Alassane Dramane Ouattara, à Bamako, dans les quarante-huit heures, en vue de raisonner les tenants actuels du pouvoir. Cette délégation se rendra au Mali ce jeudi. Outre le Président en exercice de la Cedeao, les chefs d’Etats du Bénin, du Liberia, du Nigeria du Niger et du Burkina Faso feront le déplacement à Bamako. La Conférence a par ailleurs décidé de l’envoi de cinq chefs d’état-major pour rencontrer les responsables de la junte. Leur mission, entre autre, sera de sensibiliser la junte sur la nécessité du retour à l’ordre constitutionnel et d’apprécier la situation militaire sur le terrain.

Le chef de l’Etat burkinabè Blaise Compaoré a été, quant à lui, nommé médiateur dans la crise malienne avec pour mission de prendre contact avec toutes les parties prenantes en vue d’engager un dialogue fructueux pour la restauration de la paix dans le pays. « En cas de non-respect par les mouvements de cette décision, la conférence prendra toutes les mesures pour mettre fin à la rébellion et veillera à préserver l’intégrité territoriale du Mali y compris par l’utilisation de la force » ont mis en garde les chefs d’Etat de la Cedeao. Enfin selon Alassane Ouattara qui assure la présidence en exercice de l’organisation, le Président ATT, dont on ignore depuis cinq jours le sort exact, est vivant et en bonne santé.

Nouvelle Constitution

Après ce sommet extraordinaire, la junte militaire au pouvoir au Mali a annoncé mardi soir l’adoption d’une nouvelle Constitution qui sera en vigueur pendant la transition. Le capitaine Amadou Haya Sanogo se proclame ainsi chef de l’État et la junte qu’il dirige se définit comme l’organe suprême de transition. Selon la nouvelle Constitution qui comporte 70 articles, aucun membre du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État (CNRDRE) ni de son futur gouvernement ne sera autorisé à être candidat aux élections législatives et présidentielle, dont les dates ne sont cependant pas fixées, pas plus que la durée programmée de la transition.

Toujours plus isolée, la junte joue la carte de la normalisation dans le pays. Avec la réouverture mardi des administrations et des commerces, marquant la reprise d’une activité quasi-normale à Bamako. Le nouveau pouvoir a annoncé le soir même la levée immédiate du couvre-feu nocturne, ainsi que la réouverture des frontières pour mercredi matin. Deux candidats à la présidentielle, l’ex-Premier ministre Modibo Sidibé et le président du conseil économique social et culturel Jeamille Bittar, ont été libérés mardi soir par la junte, qui les détenait depuis le putsch avec douze autres personnalités, dont des ministres du régime déchu.

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