La CEDEAO condamne le coup d’Etat survenu en Mauritanie

La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et les chefs d’états-majors d’Afrique de l’Ouest se sont joints à la liste croissante de ceux qui condamnent le coup d’Etat militaire survenu en Mauritanie, malgré la promesse de la tenue prochaine d’élections faite par les nouvelles autorités militaires du pays.

La Commission de la CEDEAO indique, dans un communiqué, que le regroupement régional a accueilli avec beaucoup d’inquiétude la nouvelle préoccupante du coup d’Etat en Mauritanie contre un gouvernement démocratiquement élu.

« La CEDEAO condamne ce coup d’Etat qui est en totale contradiction avec le processus de démocratisation actuel en Afrique », souligne le communiqué.

Rappelant que la région de la CEDEAO avait subi des épreuves indicibles et une régression ces dix dernières années comme conséquence des coups d’Etat militaires, la Commission a qualifié le putsch perpétré en Mauritanie de « revers majeur pour la démocratie, le respect de l’Etat de droit et des droits de l’Homme et le droit inaliénable du peuple mauritanien à élire librement le gouvernement de son choix ».

« La CEDEAO se joint à l’Union africaine, aux Nations unies, à l’Union européenne et à la communauté internationale dans son ensemble pour réclamer le retour immédiat des militaires dans leurs casernes et la réinstallation sans condition du gouvernement démocratiquement élu », a-t-il ajouté.

En clôturant leur réunion d’une semaine dans la capitale nigériane nigériane, Abuja, les chefs d’états-majors d’Afrique de l’Ouest ont également condamné « toutes les formes d’interventions par le personnel militaire et des forces de sécurité de nature à perturber le fonctionnement normal des institutions démocratiques dans les Etats membres ».

Dans un communiqué à l’issue de la réunion, ils ont déclaré que les citoyens de la communauté toutes tendances politiques confondues devaient apprendre à trouver des solutions pacifiques à leurs problèmes nationaux, en soulignant que la région était déterminée à continuer à s’assurer que la stabilité règne dans tous les Etats membres.

Les chefs d’états-majors, qui ont reçu divers rapports et communications sur la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest, dans des pays comme la Côte d’Ivoire, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Liberia, le Mali et le Niger, ont également recommandé que les dirigeants de la région nomment un collègue chef d’Etat pour diriger le processus de consolidation de la paix en Guinée-Bissau et aide à garantir que la paix et la stabilité ne restent pas des objectifs vains pour ce pays.

Cette recommandation fait suite aux succès enregistrés en Côte d’Ivoire où les chefs d’Etat de la CEDEAO ont nommé le président Blaise Compaoré du Burkina Faso comme le principal Chef de Gouvernement pour orienter la résolution du conflit et le rétablissement de la stabilité en Côte d’Ivoire où des élections générales sont prévues en novembre 2008.

Ils ont également recommandé la nomination de cinq chefs d’états- majors du Bénin, du Cap-Vert, de la Gambie, du Nigeria et du Sénégal pour entreprendre une mission en Guinée-Bissau afin d’identifier les moyens de renforcer la sécurité en général et le développement en particulier dans ce pays. Le Nigeria va conduire cette mission.

Les chefs d’états-majors, qui se sont penchés sur le statut de la Force permanente de la CEDEAO (ESF), ont recommandé une révision de son document de cadre opérationnel pour y inclure le renforcement des composantes policières, de la gendarmerie et du personnel civil de cette force de 6.500 éléments afin de renforcer ses capacités opérationnelles.

Cette révision est nécessitée par l’expérience de la CEDEAO quand elle effectué un exercice de commande de poste au nom de code « JIGUI 2008 » en juin 2008 à Bamako pour évaluer la situation des troupes promises pour la force.

Lors de cet exercice, l’implication des composantes policière et civile a été simulée pour tester les procédures opérationnelles de la force.

Sur la base de la révision de l’exercice de Bamako, entre autre, les chefs d’états-majors ont également réclamé la fourniture d’équipements de communication essentiels pour l’état-major de la force spéciale.

Ceci devrait contribuer à évaluer les capacités de la compagnie de transmission spécialisée pour l’établissement de communications fiables.

En outre, ils ont invité les Etats membres à promettre plus de sous- unités logistiques -sociétés de maintenance, de signalisation, d’ingénierie et de transport- pour la force.

Pour le prochain exercice d’entraînement sur le terrain de l’ESF qui aura lieu au Burkina Faso en 2009, les chefs d’états-majors ont recommandé le transport par voie aérienne des équipements stratégiques comme la meilleure option pour la prévision de troupes pour cet exercice.

Dans le cadre de leur aspiration à l’excellence, les chefs d’états- majors ont recommandé que la CEDEAO et l’Ecole technique militaire de Ouagadougou, au Burkina Faso, devaient signer un accord de partenariat pour renforcer la formation et le perfectionnement en général du personnel militaire en maintenance des équipements et du matériel informatique.

Si cet accord est approuvé, l’école va s’ajouter aux trois centres d’excellence de la région -le Collège national de la défense d’Abuja, le Centre international de formation au maintien de la paix d’Accra et l’Ecole de maintien de la paix de Bamako.

De manière similaire, ils ont proposé que la CEDEAO envisage la possibilité de signer un Protocole d’Accord avec l’Institut de police judiciaire de Porto Novo, au Bénin, dans le cadre du soutien demandé pour une initiative de police judiciaire régionale qui va renforcer la participation de la région aux opérations de soutien de la paix.

Les chefs d’états-majors ont également préconisé l’incorporation des femmes dans le déploiement des opérations de soutien à la paix, suite à un rapport sur l’implication de la Police et de la Gendarmerie dans la sécurité de la région.

Tout en reconnaisant le rôle essentiel de la Police et de la Gendarmerie dans la sécurité des Etats membres, les chefs d’états- majors ont approuvé les recommandations d’un séminaire récent sur la mise en oeuvre d’une stratégie sécuritaire incluant des mesures pour lutter contre le crime transfrontalier organisé.

Ces recommandations portent entre autre sur la révision et l’adoption des statuts et règles de procédures du Comité des chefs de Police d’Afrique de l’Ouest (WAPCCO) afin de les harmoniser avec le cadre de la CEDEAO, une réunion d’experts pour valider les Procédures de fonctionnement standard et les critères de sélection des Etats membres pour qu’ils apportent une contribution sous forme d’effectifs de Police et de Gendarmerie aux opérations de soutien de la paix de la CEDEAO ainsi que sur les contributions de l’unité de sécurité de la Police à la révision des documents de la fondation de la Force permanente de la CEDEAO, particulièrement ceux relatifs à la composante policière de cette force.