La Cedeao au chevet du Mali

Le 40e sommet ordinaire des chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) se tient du 16 et 17 février 2012, à Abuja, dans la capitale nigériane. Huit chefs d’Etat et prennent part à ce rendez-vous très attendu. La rébellion touarègue, qui sévit dans le nord-Mali, figure en bonne place à l’ordre du jour de cette rencontre qui sera focalisée sur l’insécurité dans le Sahel, la piraterie dans le Golfe de Guinée et l’élection du nouveau président en exercice de la Cedeao.

La crise au nord-Mali et l’insécurité dans le Sahel sont l’un des principaux thèmes de cette 40e session ordinaire de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) qui s’est ouvert ce jeudi à Abuja, au Nigeria. Au Mali, le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), soutenu par d’autres rebelles et doté d’un arsenal de guerre impressionnant hérité de la campagne libyenne, se livre depuis mi-janvier à une vraie bataille dans le Nord contre les troupes loyalistes.

Ces combats ont contraint, à ce jour, plus de 50 000 réfugiés maliens à l’exode. Lors de ce sommet d’Abuja, la médiation de ce conflit pourrait être confiée au président Blaise Compaoré. Pour avoir contribué à faire taire les armes dans cette zone sahélienne dans les années 1990, le président burkinabè connaît bien le terrain, les belligérants et les intentions.
Les dirigeants ouest-africains vont aussi plancher sur le fléau de la piraterie dans le Golfe de Guinée. Les vols de cargaison se sont multipliés de façon exponentielle ces huit derniers mois, surtout au large du Bénin, au point de menacer le transport maritime.

La Côte d’Ivoire devrait assurer la présidence de la Cedeao

Au plan institutionnel, les futurs présidents de la Communauté et de la Commission seront désignés. Le président ivoirien Alassane Dramane Ouattara devrait être élu par ses pairs, dont huit sont présents à Abuja, pour succéder à son homologue nigérian Goodluck Jonathan, à la présidence en exercice de la Cedeao. Ce qui marquerait le retour de la Côte d’Ivoire au-devant de la scène politique ouest-africaine.

Quant à la présidence de la commission, elle pourrait revenir à l’ancien Premier ministre burkinabé Kadré Désiré Ouédraogo. Cela mettra fin à près de deux ans de manœuvres politiques pour ce poste. Depuis le départ du Ghanéen Mohamed Ibn Chambas, début 2010, son fauteuil est provisoirement occupé par son compatriote James Victor Ghého. Le candidat du Burkina Faso, selon des sources très avisées, serait en bonne position pour ravir ce poste à son challenger, le Béninois Jean-Marie Ehouzou.