La bourse de Casa plonge

La place financière atteint son plus bas niveau depuis quatre ans. Les diverses mesures prises l’an dernier pour enrayer la chute se sont avérées insuffisantes. Un secrétariat d’Etat chargé du marché financier, serait en voie de création.

C’est un nouveau record à la baisse que vient de battre la bourse de Casablanca, avec une chute de l’indice boursier, l’ IGB, de 8, 45% en janvier. Après une baisse de 3, 8% en août, de 1, 45% en septembre, de 2, 47% en octobre, de 4, 79% en octobre, ce nouveau plongeon, porte l’indice à 578, 35, son plus bas niveau depuis quatre ans.

Lundi 22 janvier, les dirigeants de la société de bourse se sont réunis en présence de représentants du ministère de l’Economie, afin de discuter d’une issue à la crise. Un préambule avant la réunion du Conseil de surveillance pour l’élection du nouveau président de la bourse qui s’est déroulée mardi. Selon des analystes cités par le quotidien L’Economiste, l’absence d’investisseurs institutionnels figure parmi les premières causes de ces contre-performances.  » Le marché évolue sans pilote et le processus de formation des prix se fait au gré de la psychologie humaine « , expliquent-ils dans les colonnes de notre confrère. La baisse de la capitalisation boursière est attribuée par d’autres spécialistes à la conjonction de deux évènements : de très fortes corrections des cours et l’absence de réserves d’argent frais. Résultat : en deux ans, le quart de la capitalisation de la place est parti en fumée.

Carottes fiscales

Pour remédier à cette descente aux enfers, plusieurs mesures ont été prises par les autorités compétentes, le ministère des Finances et la SBVC (la société gestionnaire de la Bourse de Casablanca). Il y a de cela un an, on avait procédé à une exonération des opérations d’introduction et de centralisation sur les titres. Décision suivie par des baisses des commissions et la publication, dans le bulletin officiel, d’un texte de loi révisant les conditions d’introduction des entreprises à la côte. Le tout assorti de la mise en place des stock-options dans les entreprises du royaume et d’une carotte fiscale  » à la carte « , selon les modes d’introduction en bourse. Visiblement cet arsenal de mesures n’a pas suffit à enrayer la baisse.

Un strict embargo est appliqué sur les divers plans de sauvetage concoctés par les parties concernées. Une rumeur tenace laisse entendre que les acteurs politiques s’empareraient du dossier, au point de créer prochainement un secrétariat d’Etat chargé du marché financier.