La Banque mondiale au chevet des économies africaines

Donald Kaberuka, le président de la Banque africaine de développement (BAD), déclarait dimanche, à Washington, aux Etats-Unis, en marge de la réunion du Comité de développement de la Banque mondiale, que l’Afrique a été atteinte de plein fouet par la crise et qu’elle aura plus de peine que les autres régions du monde à en sortir. La Banque mondiale prévoit d’investir près de 3, 6 milliards de dollars en Afrique, en vue de minimiser la baisse de la croissance dans le continent, a annoncé mercredi Obiagelo Katryn Ezekwesili, vice-présidente région Afrique de l’institution, au cours d’une vidéo-conférence. Une manne qui devrait sensiblement aider le continent.

Le financement du programme d’appui aux infrastructures mis en place par la Banque mondiale en faveur de l’Afrique face à la crise économique va être porté de 600 millions à 3,6 milliards de dollars US, a annoncé, mercredi, Mme Obiagelo Katryn Ezekwesili, la vice-présidente région Afrique de la Banque mondiale. Cette perfusion financière devrait être injectée dans les secteurs les plus sensibles des économies africaines, notamment l’agriculture, la santé, l’éducation, les infrastructures énergétiques, ainsi que le transport, selon Mme Obiagelo Katryn Ezekwesili.

L’objectif visé par la Banque mondiale est de protéger les couches sociales les plus vulnérables de la société africaine, en proie à d’énormes difficultés liées à la mauvaise conjoncture financière internationale actuelle.

La crise financière internationale, née aux Etats-Unis il y a quelques mois , frappe de plein fouet les économies africaines, déjà gangrenées par le virus de la mauvaise gestion et les détournements de fonds publics. Elle se manifeste dans le continent par la baisse des flux des capitaux, la réduction des transferts de fonds effectués par les travailleurs immigrés, la diminution de l’aide au développement et la contraction de la demande des matières premières.

Le FMI et la Banque mondiale ont averti vendredi qu’en 2009 près de 90 millions de personnes de plus pourraient tomber dans la pauvreté en raison de cette crise, et que le nombre de celles n’ayant pas assez pour se nourrir pourrait dépasser le milliard.

Le président de la BAD n’attend pas de miracles de la Banque mondiale et du FMI

Selon Donald Kaberuka, le président de la Banque africaine de développement (BAD), qui s’exprimait dimanche à Washington, en marge de la réunion du Comité de développement de la Banque mondiale, la plupart des experts s’attendaient à ce que l’Afrique ne soit touchée par la crise que dix-huit mois après les autres régions, en raison de sa plus faible intégration avec le reste de l’économie mondiale. Mais les effets se sont fait sentir beaucoup plus vite que prévu. « Ma préoccupation est que lorsque la reprise arrivera, les pays africains repartiront beaucoup plus lentement », a-t-il dit. M. Kaberuka a ajouté qu’il n’attendait « pas de miracles » des réunions du FMI et de la Banque mondiale ce week-end à Washington. « Je ne m’attends pas à ce que des décisions soient prises mais j’espère que nous pourrons parvenir à une meilleure compréhension », a-t-il déclaré.

Il faut espérer toutefois que la perfusion financière promise par la Banque mondiale aux pays africains permettra de soutenir les économies nationales africaines et ne sera pas détournée au profit des projets fantômes qui font souvent l’objet de grands matraquages médiatiques.

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