L’Union africaine est née

La transformation de l’Organisation de l’unité africaine en Union africaine s’est achevée lundi dernier. Le sommet de Durban a voulu donner une nouvelle impulsion à l’Union africaine en puisant dans l’expérience européenne.

Les dirigeants africains ont lancé, lundi dernier, l’Union africaine (UA) en remplacement de l’Organisation de l’unité africaine. Une naissance au forceps. Si aucun chef d’Etat n’a émis de réserve sur les changements de statuts de l’OUA, la crise malgache a donné lieu à des échanges assez vifs entre les présidents. Abdoulaye Wade, qui militait pour la reconnaissance de Marc Ravalomanana comme président légitime de Madagascar, a déterré le passé de ses pairs en leur rappelant que la plupart d’entre eux ont accédé au pouvoir par des coups d’Etat. Et que leur statut d’anciens putschistes décrédibilise leurs leçons sur la démocratie. Par conséquent, ils feraient bien de reconnaître le nouvel homme fort d’Antananarivo.

L’Organisation de l’unité africaine a vécu. Née il y a 39 ans, l’OUA, qui regroupe tous les pays africains, excepté le Maroc depuis 1982, avait pour mission la décolonisation du continent, le respect des frontières héritées de la colonisation pour prévenir les conflits et le développement. Les chefs d’Etat, présents au sommet de Durban, ont estimé que l’Afrique se doit désormais de se fixer d’autres missions.

L’exemple européen

La structure de l’Union africaine est calquée sur celle de l’Union européenne. Parlement panafricain, Commission, Banque africaine d’investissement et Cour de Justice, l’UA poursuit sa mutation. Ses objectifs, définis lors de ce sommet, sont tournés vers le développement, la stabilité politique et la démocratie. Grande première, l’UA s’arroge le droit d’intervenir dans  » les affaires d’un pays membre pour empêcher les crimes de guerre, les génocides et les crimes contre l’humanité « . Les questions relatives aux conflits seront gérées par un Conseil de paix et de sécurité de 15 membres, inspiré par celui de l’Onu. L’organisation a recensé près d’une vingtaine de pays concernés par un conflit.

Proclamée le 2 mars 2000 en Libye, l’UA prône l’intégration économique du continent et compte s’appuyer, pour cela, sur le programme du Nouveau partenariat pour le développement en Afrique (NEPAD). Le Secrétaire général, l’Ivoirien Amara Essy, est reconduit dans ses fonctions pour un an et le président sud-africain Thabo Mbeki présidera l’Union africaine durant la même période.

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Interview d’Amara Essy :

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