L’OUA plaide pour sa disparition

Plus de quarante chefs d’Etat sont attendus, ce jeudi, à Syrte en Libye, pour le sommet extraordinaire de l’OUA. Ordre du jour : la ratification du traité de l’Union africaine. Dotée d’un parlement et d’une cour de justice, la nouvelle instance marquerait la fin de l’actuelle organisation panafricaine.

Vingt et un pays ont déjà ratifié le traité constitutif de l’Union africaine. Pas assez pour que la nouvelle instance panafricaine puisse effectivement entrer en vigueur et par là-même remplacer l’Organisation de l’union africaine (OUA). Le sommet extraordinaire de Syrte en Libye accueille, ce jeudi, plus de quarante chefs d’Etats africains pour plaider en faveur de la mue de l’OUA. Les nouveautés de l’Union africaine (UA) : un parlement et une cour de justice.

Retour aux sources. C’est à Syrte, en septembre1999, que le traité de l’UA a vu le jour. Signé en juillet 2000 par les pays de l’OUA, il doit être ratifié aux deux tiers des membres par les différents parlements nationaux. Soit trente-six Etats. La Tunisie, dernière en date à avoir sauté le pas, n’est que le 21ème sur la liste. Le sommet de Syrte, sous le parrainage du président libyen, le colonel Mouamar Kadhafi, est là pour accélérer le processus.

De nouveaux organes

Les différences entre l’actuelle OUA et la future UA sont de taille. Deux nouveaux organes font leur apparition au sein de la nouvelle organisation. L’article 4 du traité fait état, à l’instar de l’Union européenne, d’un  » parlement panafricain  » et d’une  » cour de justice « . Des éléments qui pourraient expliquer une certaine frilosité des pays africains, même si, d’une manière générale, les grands traités et conventions du continent tardent toujours à être ratifiés par les parlements nationaux… Phénomène qui retarde leur adoption définitive. La Communauté économique africaine, par exemple, aura mis trois ans, après sa signature formelle, pour être approuvée par les états membres.

Les pro-UA ont deux jours pour convaincre. Un rapide consensus tendrait à prouver une nouvelle prise de conscience par les pays africains de la nécessité de s’organiser, ensemble et mieux, pour leur présent et leur devenir.