L’opposition dénonce les propos « belliqueux » de Gbagbo

L’opposition ivoirienne, regroupée au sein du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la
paix (RHDP), a qualifié de « belliqueux » les propos tenus, dimanche soir à Abidjan, par le chef de l’Etat Gbagbo Laurent, à l’occasion de la célébration du 46ème anniversaire de l’indépendance du pays.

« Nous dénonçons le ton inutilement provocateur du chef de l’Etat. Et nous pensons que, comme cela se fait dans toutes les nations, la célébration de la fête nationale d’un pays est l’occasion qui est donnée à tous ses enfants de se regrouper autour du chef de l’Etat qui représente la dignité nationale et faire le bilan d’une année de
vie en commun et désigner les perspectives à venir pour l’année », a notamment déploré le professeur Alphonse Djedje Mady, président du directoire du RHDP.

M. Mady qui affirme également que le discours du président ivoirien est « loin d’encourager le processus de paix », accuse celui-ci de « chercher à faire prévaloir les intérêts d’une famille politique donnée et la volonté de demeurer au pouvoir quelles que soient les circonstances ».

Le président du directoire des « Houphouëtistes », qui est également Secrétaire général du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, ex-parti unique), a dit « rejeter amèrement les actions de ce discours », et annoncé que son mouvement fera connaître, dans les jours à venir, sa position sur toutes les questions soulevées par M. Gbagbo.

Un « coup d’Etat permanent »

De son côté, le Rassemblement des Républicains (RDR, opposition libérale) de l’ancien Premier ministre Alassane Ouattara, a accusé le président ivoirien de mettre en pratique un « coup d’Etat permanent » et de s’enfermer dans un « juridisme que rien ne justifie ».

Selon M. Aly Coulibaly, porte-parole du RDR, « le chef de l’Etat et son parti, le Front populaire ivoirien (FPI, au pouvoir), ne veulent pas que les Ivoiriens aient des papiers » parce que redoutant les résultats d’élections qu’ils ne peuvent pas gagner.

Il s’insurge, par ailleurs, contre les propos de M. Gbagbo qui, se référant à la Constitution, a indiqué qu’il resterait au pouvoir tant qu’il n’y a pas d’élections.

« Il sait très bien qu’il doit son destin à la communauté
internationale. En vertu de la résolution 1633, il ne dispose d’aucune légitimité depuis le 26 octobre 2005. Et si on veut être généreux, depuis le 31 janvier 2006. De plus, le mandat des députés a expiré depuis le 16 décembre 2005. Donc les institutions ne fonctionnent pas, donc ce qui se passe ressemble bien à un coup de force de la part du chef de l’Etat », explique notamment le porte-parole des Républicains.

Dans un discours à la Nation, le chef de l’Etat ivoirien avait notamment évoqué la Constitution, pour justifier son intention de se maintenir au pouvoir, après le 31 octobre prochain, date à laquelle son mandat, qui a été prorogé par la Résolution 1633, vient à expiration.

Il s’est également opposé à la création de nouvelles listes
électorales, estimant que l’ancien fichier pouvait encore servir, moyennant quelques correctifs apportés par l’Institut national de la Statistique (INS) dont la direction est contrôlée par le Front populaire ivoirien (FPI). Ce à quoi s’oppose résolument l’opposition.