L’opposition accuse Gbagbo de bloquer le processus de paix

L’opposition ivoirienne, réunie au sein du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), a accusé lundi le chef de l’Etat d’être le responsable du retard accusé dans le processus de sortie de crise.

« Face aux souffrances du peuple ivoirien, le RHDP dénonce les tentatives de blocage du processus de paix par Laurent Gbagbo », a indiqué au cours d’une conférence de presse à Abidjan, le Pr Alphonse Djédjé Mady, porte-parole de la Coalition. Le RHDP invite, par ailleurs, la Communauté internationale à assumer « pleinement ses responsabilités face aux dérives et défiances de Laurent Gbagbo ».

Dans un message à la Nation, le chef de l’Etat ivoirien avait indiqué que les magistrats déployés sur l’ensemble du territoire national pour conduire les audiences foraines n’étaient pas habilités à délivrer des certificats de nationalité ivoirienne aux nationaux et des titres de séjour aux étrangers. Il a ainsi pris un décret pour remplacer la quasi-totalité de ces magistrats jugés proches de l’opposition.

« Le RHDP condamne le décret illégal de M. Laurent Gbagbo du 5 août 2006 pris dans des conditions suspectes, qui institue une exclusion formelle à l’encontre de certains magistrats ivoiriens à cause de la consonance nordique de leur nom », souligne le communiqué de l’opposition.

Après avoir interpellé le Premier ministre Charles Konan-Banny sur ses responsabilités dans cette opération qui marque le début de l’identification, le RHDP a « exigé » que les audiences foraines se poursuivent conformément aux schémas et chronogrammes arrêtés lors de la réunion de Yamoussoukro présidée par le Secrétaire général des Nations unies.

Contre une prorogation du mandat de Gbagbo

« Le RHDP refuse toute idée de prorogation du mandat de M. Laurent Gbagbo au-delà du 31 octobre 2006 », indique l’opposition au cours d’une conférence de presse lundi à Abidjan.

On rappelle que le président Laurent Gbagbo avait déclaré, dans un message radiotélévisé lors de la célébration du 46ème anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, qu’il userait, si nécessaire, des pouvoirs que lui confère l’article 48 de la Constitution pour prolonger l’exercice du mandat du président de la République et celui des autres Institutions.

« Le RHDP dénonce et condamne la volonté affirmée par le chef de l’Etat, dans son discours à la Nation, de confisquer le pouvoir d’Etat sans recourir à des élections », a déclaré l’opposition qualifiant l’attitude du président ivoirien de « dictatoriale ».