L’Onu reprend l’initiative militaire au Sierra Leone

Le RUF est repoussé loin de Freetown, en attendant le renforcement du contingent des Nations-Unies.

Arrivées en janvier dans le but de préparer la paix, les Nations-Unies se trouvent désormais ouvertement en situation de mener une guerre au Sierra Leone. La MINUSIL est engagée, depuis près d’une semaine, dans la défense de Freetown menacée par les rebelles du Front uni révolutionnaire (RUF).

Vendredi et samedi, l’armée sierra-léonaise, enfin réarmée, est parvenue à repousser les rebelles jusqu’à une cinquantaine de kilomètres de la capitale. Elle était assistée de ses supplétifs habituels – les miliciens Kamajors -, mais aussi de Casques bleus nigerians. Par ailleurs, d’autres Casques bleus guinéens ont repoussé deux attaques du RUF le long d’une autre route menant à Freetown.

Tant l’armée officielle que le contingent de la MINUSIL bénéficient désormais de l’appui logistique et de la coordination du bataillon de parachutistes britanniques présents dans la capitale. Le nombre de ces derniers est passé de 750 à 1 000 en quelques jours, et leur chef a déclaré à une radio locale que sa mission d’évacuation des civils britanniques pouvait être entendue  » dans un sens très large. « 

Le RUF désorienté ?

D’autres représentants du Royaume-Uni ont affirmé que des troupes supplémentaires jordanaises, indiennes et bengalies seraient acheminées à Freetown dans les prochains jours. L’effectif de la MINUSIL sera ainsi porté de 8 900 à 11 000 hommes, soit le maximum prévu par les résolutions de l’Onu.

Cinq cent Casques bleus onusiens sont encore, quelque part dans le pays, les otages du RUF, et quatre soldats de la paix kenyans sont morts sous les balles rebelles. La force multinationale a été conduite à assurer elle-même sa défense, à la suite du refus des puissances occidentales membres du Conseil de sécurité de s’impliquer militairement sur place. Elle semble en passe de réussir, cependant qu’on est toujours sans nouvelles de Foday Sankoh, le leader du RUF.