L’ONU met en garde contre l’expansion des bidonvilles en Afrique

L’agence des Nations unies en charge des questions d’habitat, UN-Habitat, a averti que le taux de croissance des bidonvilles au Nigeria et en Afrique en général représente une menace sérieuse de maladies et de dégradation de l’environnement.

Citant la sous-secrétaire générale de l’ONU et directrice exécutive de UN-Habitat, Dr Anna Tibaijuka, le journal nigérian Punch dans son édition de ce lundi indique que les statistiques de l’agence onusienne montrent que les pays d’Afrique sub-saharienne, dont le Nigeria, présentaient le plus grand foyer de bidonvilles du monde, avec des chiffres variant entre 60% et 70%.

« Contrairement à ce que l’on croit généralement, les habitants de ces bidonvilles sont tout aussi vulnérables que leurs homologues des zones rurales à la faim et aux maladies en plus d’être moins éduqués et plus touchés par le chômage que les autres habitants des villes », a déclaré Mme Tibaijuka, qui a fait remarquer que dans plusieurs villes d’Afrique sub-saharienne, les bidonvilles émergeaient comme un type distinct d’implantation.

Elle a déclaré que, dans ces pays, l’urbanisation était pratiquement devenue synonyme de croissance des bidonvilles.

Elle a expliqué « qu’au Nigeria, comme dans la plupart des pays d’Afrique, les taux de croissance urbaine et les taux de croissance des bidonvilles sont pratiquement identiques et tournent autour de 4 à 5%. La croissance des bidonvilles au Nigeria est de 4,23% sur une population urbaine estimée à 50% en 2007.

« Cependant, l’accès à une eau potable n’est que de 62 pour cent, tandis que l’amélioration de l’assainissement n’est que de 54 pour cent. Environ 12 millions de personnes sont mal logées et près de huit pour cent de la population n’a pas de maisons.

« On ne saurait nier le défi de l’urbanisation et du développement urbain au Nigeria, en particulier, et en Afrique en général et ce qu’il signifie pour les ressources économiques et financières ».

Les habitants des bidonvilles sont des ressources

Selon Mme Tibaijuka, « l’implantation des bidonvilles est précaire, non planifié et dégrade l’environnement. Mais ils sont également peuplés de personnes dynamiques qui forment une vaste main d’œuvre bon marché qui entretient la croissance économique dans les villes ».

Elle a souligné que les habitants des bidonvilles avaient accès à des ressources et étaient eux-mêmes des ressources, en ajoutant que pour maximiser la valeur des bidonvilles pour ceux qui y vivent et pour la ville, il fallait les rénover, puisqu’ils faisaient partie intégrante de la ville.

La patronne de UN-Habitat a attribué le problème de l’habitat aux décideurs, qui considèrent la fourniture de logements comme un secteur non-productif constituant un fardeau pour un développement économique rapide.

Développer le secteur de la construction

M. Tibaijuka a noté que la corrélation positive entre l’investissement dans l’habitat et le développement économique pouvait être renforcée par des systèmes fiscaux et financiers efficaces conçus pour refléter le contexte local.

« Un secteur du logement et de la construction florissant est le moyen le plus rapide de donner des emplois à des jeunes non qualifiés et leur éviter de tomber dans la pauvreté. Des systèmes bien conçus de financement de l’habitat peuvent avoir un impact positif majeur sur la promotion du développement économique », a- t-elle déclaré.

Elle a indiqué que son agence était prête à travailler avec le gouvernement nigérian et les autres agences pour élaborer et mettre en œuvre des programmes visant à appliquer les recommandations du Cadre Renforcé dans les domaines de la réorientation des politiques et lois sur le logement pour les pauvres, les femmes et les groupes vulnérables.

« UN-Habitat peut contribuer de manière importante à apporter le soutien technique et opérationnel à la fourniture de logements par la mise en place d’une structure de rénovation des bidonvilles, d’un mécanisme de financement du logement, l’approvisionnement en eau et l’assainissement urbain et une planification et une gestion de l’économie urbaine en faveur des plus démunis », a-t-elle expliqué.

Les autres domaines où l’agence peut apporter son aide sont « la planification des implantations humaines, l’aménagement et la gestion pour faire face au problème chaotique de l’urbanisation rapide à travers le Profil du secteur urbain durable ».