L’Internet utile

C’était il y a cinq ans. Avant que la fièvre ne donne le tournis à la bourse, avant que les investisseurs ne détalent après avoir jeté des millions dans la Toile. C’était la naissance de l’Internet, le monde à portée de clics. Les fossoyeurs l’avaient déjà enterré, les sceptiques l’ont comparé au minitel français. Qu’en reste-t-il ? Cinq ans plus tard, les conclusions sont toujours limpides, comme au début de l’engouement. L’Internet utile continue d’exister, dépasse l’éphémère et s’installe dans la durée. Les sites qui ont eu un développement sain, qui n’ont pas levé des fonds astronomiques, sont toujours là. Les sites qui n’ont jamais cru que la fortune arrive subitement de Wall Street, de Paris ou de Londres n’ont pas connu le sort  » Erreur 404 « .

L’Afrique n’a pas échappé à la tourmente mondiale. La décantation a eu lieu, partout ailleurs. Les sites à vocation uniquement commerciale, un non sens dans la mesure où la carte bancaire existe dans fort peu de pays, n’ont pas tardé à marquer le pas. Avant de disparaître. Cette cure d’amaigrissement a eu des effets sur les initiatives de création. Se lancer dans l’Internet est un acte de bénévolat, de sacrifice. Les dividendes, si dividendes il y a, ne peuvent être conséquents dans l’immédiat. Et surtout pas aussi conséquents qu’il y a trois ans. L’explosion de la bulle spéculative a échaudé malheureusement les investisseurs. Malheureusement car ce ne sont pas les nouvelles technologies qui ne sont pas rentables mais les investissements inconsidérés et inappropriés.

L’outil Internet n’a jamais été aussi performant, aussi utile. Aussi nécessaire. Le Continent, plus que jamais, a besoin de la démocratisation des nouvelles technologies. Ne pas se couper de la Toile, de l’information. Car Internet n’est pas un produit de luxe mais un indispensable compagnon.