L’Internet se construit en Mauritanie

La capitale mauritanienne se met depuis 1999 à l’heure du Web. Les cybercafés y poussent comme des champignons, malgré le fait que la connexion soit encore lente. Petite visite au nord de Nouakchott, dans le quartier de Tevragh Zeina qui compte à lui seul plus de quinze cybercafés.

Le quartier s’appelle Tevragh Zeina. En arabe,  » ça sera joli une fois fini « . Quartier résidentiel mais encore en construction, comme son nom l’indique, au coeur duquel l’Internet aussi se construit peu à peu. La connexion est lente mais le coeur y est. Jeunes et moins jeunes viennent surfer dans la quinzaine de cybercafés que compte ce quartier du nord de Nouakchott. Le Cyber Valley est l’un des plus grands, avec seize ordinateurs répartis dans deux vastes pièces aérées. Parmi les internautes, dont beaucoup portent des casques, l’ambiance est feutrée, les souris studieuses. Seule Lorie (nouvelle égérie de la pop française) s’entête à chanter qu’elle est leur  » meilleure amie « . La musique provient de l’un des ordinateurs, sur lequel pianote Mamadou Sy. Il a à peine 20 ans mais se passionne pour Internet depuis presque six ans déjà…

Il s’occupe à mi-temps des ordinateurs et de la gestion du cyber avec El Hadj Dia.  » Le Cyber Valley a ouvert en novembre 2001. C’est depuis 1999-2000 que les cybers se sont multipliés à Nouakchott. En 1997, seule la société informatique Top Technologies possédait l’Internet. Ceux qui savaient se servir de l’outil pouvaient aller surfer mais à l’époque c’était très rare ! Petit à petit, les gens s’y sont mis…  » Aujourd’hui, même si peu de sites sont créés localement, le Web est entré dans la vie des Mauritaniens de la capitale.

E-mails connexion

A tel point que  » le nombre de cybers augmente tous les jours !  » plaisante Mamadou. Côté prix, c’est l’effet inverse : les coûts se sont mis à baisser depuis 1997, le temps du cyber unique, où il fallait débourser 500 ouguiyas (2,50 euros) pour une heure de surf. Au Cyber Valley, comme dans la majorité des cybers de la ville, l’heure de connexion coûte 200 ouguiyas (moins d’1 euro), compter la moitié pour une demi-heure.  » Les gens trouvent ça trop cher « , explique El Hadj Dia.  » Il y a beaucoup de jeunes, d’étudiants et d’élèves, ils n’ont pas beaucoup d’argent. Mais ce sont les prix du marché. Je connais un cyber qui fait l’heure à 100 ouguiyas mais il ne fait pas de demi-heure, il est en banlieue périphérique et ses ordinateurs ne sont pas de bonne qualité.  »

Ici, les machines, ainsi que les imprimantes, sont neuves et le propriétaire les a payées au prix fort.  » Ouvrir un cybercafé ça coûte très cher et ce n’est pas rentable avant cinq ans « , assure Mamadou Sy.  » Il faut payer le local, l’électricité, la ligne qui permet de se connecter. Mieux vaut avoir de l’argent de côté car on ne rentre pas dans ses frais tout de suite. Pourtant, les gens continuent d’ouvrir des cybers car ils veulent suivre les nouvelles technologies…  » Une technologie nouvelle qui permet surtout aux clients de consulter leurs emails, comme Ahmed, croisé à la sortie et qui lance :  » Internet, grâce aux mails, c’est mon meilleur ami !  » Ça me rappelle quelque chose…

Cyber Valley

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