L’Internet malien passe par Dakar

La Sonatel va louer une partie de sa bande passante à l’international au Mali. Une initiative qui pourrait s’étendre à d’autres pays alentour. Un luxe que l’opérateur sénégalais peut se permettre après avoir volontairement surdimensionné, l’année dernière, les capacités nationales.

Forte de l’essor que connaît Internet au Sénégal, la Société nationale des télécommunications (Sonatel) va faire profiter de sa bande passante à l’international le Mali. D’autres pays pourraient suivre. Car en décuplant ses capacités l’année dernière, l’opérateur sénégalais a surdimensionné son réseau par rapport aux besoins nationaux.

Cette collaboration sénégalo-malienne entre pour la Sonatel dans le cadre  » d’un esprit de partenariat  » que souhaite développer l’opérateur. Une bonne nouvelle pour le Mali dont la bande passante n’excède pas 4 Mégabits. Soit plus de dix fois moins que les 64 Mégabits sénégalais.

Aucun risque pour le réseau sénégalais

Pour ceux qui s’inquiéteraient des éventuelles conséquences sur le réseau sénégalais qu’un tel partage pourrait occasionner, la Sonatel s’est voulu rassurante. Elle avance ainsi que cela ne devrait affecter en rien le réseau sénégalais puisque ce dernier n’utilise que 25% de la bande passante actuelle (15 à 20 Mbps). En gonflant son réseau, l’opérateur national souhaitait anticiper les besoins du Sénégal qui sont aujourd’hui largement en dessous des capacités actuelles. Aussi reste-il largement de quoi couvrir le réseau malien. Et même plus encore.

Cette initiative n’est pas nouvelle. Une expérience similaire de partage inter-Etats d’une bande passante fait déjà ses preuves en Afrique australe où l’Afrique du Sud approvisionne bon nombre de pays de la sous-région.

Considéré par l’Union internationale des télécommunications (UIT) comme étant le 2ème pays africain pour ses performances en matière de télécommunications, le Sénégal, à travers la Sonatel, entend bien poursuivre dans cette lancée notamment en proposant des services variés à ses clients.