L’ingérence de la Grande-Bretagne dans l’élection présidentielle au Kenya

La Grande-Bretagne s’active pour l’élection du Premier ministre kényan, Raila Odinga, à la présidence du pays. Une note confidentielle adressée au ministre britannique des Affaires étrangères, dont Afrik.com s’est procurée une copie, indique explicitement la manière dont les candidats Kenyatta et Ruto doivent être éliminés de la course présidentielle.

La campagne présidentielle au Kenya touche à sa fin. Les candidats ont donné ce samedi leurs derniers meetings avant la clôture officielle de la campagne. Pour l’heure, aucun incident majeur n’a été constaté. Les Kényans gardent l’image d’un pays meurtri lorsqu’en 2007, pendant la présidentielle, 1200 personnes trouvent la mort et des centaines de milliers d’autres sont déplacées.

Toutefois, l’ancienne colonie de la Couronne a, semble-t-il, été entachée d’ingérence étrangère, notamment de la Grande-Bretagne. Alors que des diplomates européens ont démenti ces accusations lancées le 11 février dernier par le gouvernement kényan, une note confidentielle envoyée le 5 février par le Haut-Commissaire britannique au Kenya, Christian Turner, à William Hague, ministre britannique des Affaires étrangères, et à Justine Greening, ministre du Développement régional, prouve bel et bien l’ingérence de la Grande-Bretagne. Elle donne explicitement la marche à suivre pour mettre KO les candidats, Uhuru Kenyatta, actuel vice-Premier ministre, et son colistier William Ruto, donnés favoris.

Lobbying

Dans cette note, Christian Turner préconise à William Hague d’infliger des sanctions au Kenya « si Uhuru kenyatta et William Ruto, tous deux poursuivis par la Cour pénale internationale, sont élus respectivement président et vice-président ». L’union européenne souhaite limiter ses relations avec les personnes inculpées par la Cour pénale internationale (CPI). Pourtant, un tribunal kényan a donné son feu vert à Kenyatta pour briguer la magistrature suprême en dépit de son inculpation par la CPI pour crimes contre l’humanité lors de la précédente élection présidentielle. Le procès des deux candidats doit débuter le 10 avril, un peu moins d’un mois avant le premier tour de l’élection présidentielle.

Pendant la campagne, une série d’entretiens a été organisée auprès des médias locaux et internationaux afin de ternir l’image des candidats Kenyatta et Ruto. La Grande-Bretagne aurait, selon la note, encouragée l’équipe du Premier ministre Odinga à maximiser les déclarations publiques auprès de l’électorat kényan pour les dissuader de voter en faveur des deux favoris. Chirstian Turner appelle également « les membres de l’UE (spécialement Allemagne France) à émettre des déclarations publiques dures contre la candidature présidentielle Uhuru ».

Les raisons d’un échec Kenyatta

L’inquiétude de la Grande-Bretagne s’explique par les résultats de trois enquêtes qui révèlent la victoire d’Uhuru Kenyatta et de William Ruto. La Grande-Bretagne souhaite donc que la communauté internationale augmente ses pressions à l’encontre du candidat Uhuru Kenyatta.

Officiellement, c’est parce-que Kenyatta et Ruto sont poursuivis par la CPI que l’Union européenne et tout particulièrement la Grande-Bretagne ne souhaitent pas la victoire à la présidentielle de ces deux candidats. Mais c’est aussi et surtout parce que l’intérêt du Royaume-Uni sera servi comme il se doit avec une présidence Odinga !