L’inévitable guerre civile ?

On croisait les doigts, on se disait qu’il n’y avait pas (encore) effusion de sang. Que cela se ferait sans victime civile.  » Cela  » : la prise de pouvoir par Marc Ravalomana, président autoproclamé de Madagascar, ou par Didier Ratsiraka, président sortant. Or, depuis quelques jours, la menace de guerre civile se précise. Partisans des deux adversaires ont recours à la violence, aux armes. Tous les ingrédients sont réunis pour une explosion de violence. Le mythe d’un Madagascar pacifique a vécu. Quel que soit le vainqueur, il sera affaibli, diminué, et surtout aura la lourde responsabilité de diriger un pays partagé en deux camps ennemis. Ecornée pour longtemps l’image d’un pays paisible.

Marc Ravavomanana se trouve dans une position inconfortable. Maître de la capitale, il est sans soutien dans les provinces. Les forces de Ratsiraka asphyxient économiquement Antananarivo en bloquant les accès vers la capitale. Et la population de la capitale, excédée par les étals vides, pousse le président autoproclamé à une solution d’urgence. D’où les ultimatums à répétition de ce dernier envers les partisans de Ratsiraka. Ultimatums sans suite. Jusqu’à ce vendredi. Des militaires, gendarmes et policiers ralliés à Marc Ravalomanana ont attaqué le palais du gouverneur fidèle au président sortant à Fianarantsoa, à 400 km au sud d’Antananarivo. Marc Ravalomanana veut briser le blocus.

Escalade de la violence. Le président sénégalais, Abdoulaye Wade, et le Secrétaire général de l’OUA (Organisation de l’Unité Africaine), Amara Essy, veulent réunir les deux hommes autour de la table des négociations. Sans succès. Les adversaires d’hier se sont transformés en ennemis, avec pour devise : le pouvoir ne se partage pas. Madagascar est au bord de la guerre civile.