L’image de la Tunisie « défigurée » par les médias français

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Le président de l’Institut du monde arabe à Paris, Jack Lang, en visite privée en Tunisie, a constaté que l’image que les médias occidentaux, et tout particulièrement français, donnent de la Tunisie est « défigurée ».

Jack Lang, ancien ministre français de la Culture et de l’Education nationale et actuel président de l’Institut du monde arabe, à Paris, hausse le ton contre les médias européens et spécialement français. Alors qu’il se trouve être en ce moment en visite privée à Tunis, cet habitué de ce petit pays d’Afrique du Nord s’est confié au Huffington Post. Sans conteste, il estime que les médias européens et spécialement français donnent une image de la Tunisie « défigurée », ce qui a, selon lui, contribué à faire fuir les touristes français. Il regrette que ces médias ne s’intéressent désormais à la Tunisie que « lorsqu’il y a un évènement grave, comme l’assassinat des deux personnalités politiques » (Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, ndlr).

La Tunisie est en « sécurité »

Jack Lang dit ne pas vouloir donner de leçon, mais il confirme que « la sécurité est assurée pratiquement partout, surtout dans les zones touristiques ». Les manifestations et les négociations qui ont lieu en Tunisie visent, selon lui, à « sortir le pays de la crise et jeter les bases d’une démocratie pluraliste et libre ». Il fait allusion à l’implication, quasi-inédite dans le monde, des deux principaux syndicats, des travailleurs et des patrons, qui tentent d’établir une médiation entre partis politiques.

Il déplore donc l’absence des Français en Tunisie et rappelle que durant les années Ben Ali, ils venaient par centaines de milliers. « Aujourd’hui, la Tunisie essaie de construire une démocratie et une partie de ces touristes l’a stupidement désertée. Ce qui porte préjudice à l’économie tunisienne et à l’évolution positive du pays », a-t-il déclaré.

La « menace salafiste » vue de France

Ces derniers jours, les journaux français ont fait de la Tunisie un pays sous haute tension, à feu et à sang, où il n’est pas recommandé de se rendre actuellement. Une opération lynchage qui a débuté en 2012. En janvier 2013, l’émission française « Envoyé spécial » de la chaîne France 2 diffuse un reportage nommé : « Tunisie, sous la menace salafiste ». L’émission et le journaliste qui a mené le reportage, Karim Baila, ont sévèrement été critiqués par les internautes tunisiens. La page Facebook de l’émission a été inondée par des centaines de commentaires en provenance de la Tunisie. La grande majorité a dénoncé les dérives de l’émission.

Indignée par ces « fabulations », l’association Fajr al-islam avait même annoncé son intention de porter plainte contre France 2. L’organisation a monté un contre-reportage qu’elle avait publié sur sa page Facebook. Elle est retournée sur les lieux du tournage, à Hammamet, et a retrouvé certains intervenants. Tous avaient affirmé que leurs déclarations ont été sorties de leur contexte.

D’après un internaute, les Français qui se rendent en Tunisie « soutiennent les islamistes ». Voilà une affirmation qui devrait déplaire aux professionnels du tourisme, tout métier confondu, parfois issus de classes sociales défavorisées, qui se retrouvent aujourd’hui sans ressources, en raison de la désertion des touristes.