L’explosion au Mozambique a fait une centaine de morts

Le bilan de l’explosion survenue jeudi dans un dépôt d’armes de Malhazine, dans la banlieue de Maputo, est maintenant de 100 victimes, a rapporté, samedi, l’agence nationale de presse, AIM, citant Radio Mozambique. Plus de 450 personnes sont soignées pour des blessures dans les trois principales structures hospitalières de la ville.

On craint que le bilan ne s’alourdisse, en partie du fait de l’état critique de certaines victimes placées en soins intensifs à l’hôpital central de Maputo, et en partie parce que tous les corps n’ont pas été extraits.

Des témoins du voisinage racontent que des morceaux et parties de corps humains jonchent encore le sol, ou même recouvrent les arbres. Ces restes humains se décomposent rapidement sous la chaleur intense que connaît Maputo ces derniers jours.

Des centaines de maisons ont été endommagées ou détruites, et des équipes de secours tentent de se frayer un chemin à travers les décombres. Il y a de fortes chances que des corps se trouvent encore sous les gravats.

La morgue de l’hôpital central de Maputo est le théâtre de scène de désespoir alors que les parents de personnes disparues viennent sur place pour les identifier parmi les corps.

Mais l’identification s’avère une tâche épouvantable étant donné l’ampleur des mutilations subies par certaines dépouilles. Certains corps ont été déposés à la morgue sans têtes.

Des équipes militaires ont passé le quartier au peigne fin vendredi, à la recherche de rockets, obus et autres engins qui avaient été dispersés par l’explosion du dépôt d’armes.

La sous-station d’électricité d’Infulene, qui traite l’électricité transmise aux provinces de Maputo, Gaza et Inhambane, fait partie des infrastructures économiques clé touchées par l’explosion. C’est ainsi qu’une grande partie du sud du Mozambique est plongée dans le noir.

Une équipe de la compagnie d’électricité du Mozambique a travaillé durant toute la journée de vendredi pour réparer les dégâts, mais n’a pas pu dire quand le courant sera rétabli.

L’hôpital psychiatrique d’Infulene a aussi été frappé par trois rockets.

Certains obus sont dispersés dans la banlieue de Maputo non explosés, et les habitants craignent que les températures estivales les fasses exploser.

Le Conseil municipal de Maputo a promis de fournir des cercueils pour les funérailles. Mais jusqu’ici, personne n’a abordé la question des indemnisations : qui paiera pour la reconstruction des maisons qui ont été détruites ?

Les résidents des banlieues périphériques restent naturellement nerveux. Quand de la fumée a été aperçue en provenance de la zone de l’arsenal, vendredi matin, la population prise de panique a commencé à fuir, craignant une nouvelle explosion. En réalité, ce n’était qu’un simple incendie de forêt, sans dommages.