L’Europe veut jeter son filet sur le Sénégal

Les négociations officielles sur la pêche entre l’Europe et le Sénégal n’ont pas démarré que déjà Bruxelles doit se défendre de ses intentions. Seule certitude : l’Europe veut augmenter son tonnage dans les eaux territoriales sénégalaises.

C’est un accord qui est critiqué… avant même d’avoir été négocié. A la veille de l’expiration de l’accord de pêche entre l’Union Européenne (UE) et le Sénégal, le Fonds mondial pour la nature (WWF) a accusé Bruxelles de vouloir augmenter de 60% le nombre de ses embarcations dans les eaux sénégalaises. Un chiffre qui, selon le WWF, mettrait en danger les ressources halieutiques.

Négociations le 20 avril

Des accusations qui ont poussé la Commission à se défendre par la voix de son porte-parole Gregor Kreuzhuber. Celui-ci s’est déclaré  » surpris  » par ces déclarations, arguant que la question des possibilités de pêche n’a pas encore été abordée par les négociateurs. Le renouvellement de l’accord de pêche sera étudié à Dakar, du 20 au 23 avril. Comme avec le Maroc, les points d’achoppement porteront, à n’en point douter, sur les contreparties financières de Bruxelles en fonction du nombre de chalutiers européens qui seront autorisés à pêcher dans les eaux territoriales sénégalaises.

Dans un communiqué de presse datant du 10 avril, l’UE a affirmé qu’elle souhaitait augmenter son tonnage, sans fournir toutefois de chiffres précis. Environ 50% de la compensation financière apportée par l’Europe au Sénégal, soit six millions d’euros annuels, sont utilisés afin de développer ses propres pêcheries industrielles.

La direction générale de la pêche a affirmé que les vaisseaux européens ne prélèvent que 6,5% des captures réalisées au Sénégal. Elle fait également valoir que ces campagnes se font en collaboration directe avec les industries locales et les bâtiments artisanaux. Au total : Bruxelles aura versé 48 millions d’euros, en quatre ans, aux autorités sénégalaises.