L’Europe est riche de ses diversités…

Comment laisser leur place à ces enfants de l’immigration nés en France, en Belgique, en Angleterre, en Allemagne, aux Pays-Bas et au Portugal, sans reconnaître ni leurs compétences, ni leurs spécificités culturelles et ethniques ? Que faire aujourd’hui, en France, pour assurer à la nation son homogénéité dans la diversité ? A quand une figure politique et économique française issue des minorités ethniques ?

A ces trois questions, je ne peux répondre que par la participation des personnes concernées, leur visibilité médiatique, politique et économique. Au-delà d’une politique commune et ambitieuse de l’immigration (l’une des chances de réussite du Vieux continent sur les plans culturel, économique et démographique), l’Europe doit de toute urgence se saisir de la question de la place des minorités ethniques dans ses institutions et dans sa société civile.

Un Européen est-il nécessairement blanc ? Quid du Noir, de l’Arabe ou de l’Asiatique européen, né au sein de l’espace communautaire ? Il faudra à l’Union se saisir de toute urgence de ces questions fondamentales qui guident le devenir d’une civilisation. L’ère est au métissage culturel et ethnique, au brassage de populations d’origines diverses. Il convient que les centres de décision de nos sociétés – politiques, médiatiques, économiques, culturels, scientifiques, techniques – soient à l’image de nos nations : bigarrés.

Le Club Africagora qui rassemblera le 14 juin à Paris toutes les couches de la population multicolore venue de l’Hexagone, veut apporter sa pierre à la construction d’une République métissée,  » en haut et en bas « . Il s’engage sur le terrain pour l’identification, la reconnaissance et la promotion sociale des compétences originaires d’Afrique et d’Outremer, dans toutes les sphères de décision de notre pays : administration, entreprises, médias, partis politiques, syndicats, grandes écoles, armée. Il y va de l’intérêt national d’assumer la diversité à tous les échelons, et de la faire aussi bien par calcul politique que par altruisme…

Un grand homme qui a rencontré son destin et qui a su s’y inscrire durablement, grâce à une certaine idée de la France et à une ambition pour son pays, disait  » un pays n’a pas d’amis, il n’a que des intérêts « . A la suite du Général de Gaulle, je dirais que les intérêts de la France et de l’Europe sont dans le métissage et la diversité.

Dogad Dogoui
Fondateur du Club Africagora