L’Europe décidée à arracher Ceuta et Melilla au Maroc

Mohammed VI, roi du Maroc,
Le roi du Maroc, Mohammed VI

Le royaume du Maroc pourrait être amené à définitivement renoncer à Ceuta et Melilla, si la démarche enclenchée par les Présidents des deux villes, appelant à leur intégration à l’Union Européenne, aboutit.

Juan Jesús Vivas et Eduardo de Castro, respectivement Présidents de Ceuta et Melilla, ont appelé, ce mercredi 1er mai à une plus grande intégration de leurs deux villes dans l’Union Européenne. Selon les deux dirigeants, qui ont rappelé la crise migratoire de mai 2021 à Ceuta, ponctuée par une entrée massive de migrants dans la ville, c’est la seule solution pour faire face aux «stratégies hybrides» du Maroc.

Dans leur démarche, les deux Présidents visent à faire échec à la «stratégie» développée par le Maroc qui revendique sa souveraineté sur les deux villes, évoquant cette forte pression migratoire exercée par le royaume chérifien, qui impose en outre un blocus économique sur ces deux villes. Le rapport présenté par les deux dirigeants propose l’intégration de Ceuta et Melilla dans l’espace Schengen, dans l’union douanière de l’Union et un nouveau statut aux deux villes de Ceuta et Melilla.

En marge de la présentation du rapport sur Ceuta et Melilla par le député européen de Ciudadanos, Jordi Cañas, devant le Parlement européen, Juan Jesús Vivas a avoué à Europa Press que «nous ne serions pas sortis de l’épisode de mai sans l’Espagne et l’Europe». Jordi Cañas insistait que «nous devons mettre Ceuta et Melilla sur la carte de l’Europe parce qu’elles en font partie». «Ceuta et Melilla sont un territoire européen et leur souveraineté n’est pas en cause», a-t-il poursuivi.

Cette volonté des Présidents de Ceuta et Melilla appuyée par l’eurodéputé ne devrait pas déranger le royaume du Maroc, quand on sait que Rabat a conclu un accord avec Madrid, stipulant que le Maroc va respecter l’intégrité territoriale de l’Espagne. En clair, le royaume chérifien ne jettera plus un œil sur les deux enclaves. Seulement, en Espagne, l’on continue de craindre la position du Maroc, qui, comme l’a averti l’Algérie, ne renoncera jamais à ces deux villes.

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