L’Euro donne des couleurs au textile marocain

La hausse de la devise européenne change les perspectives des professionnels du secteur du textile au Maroc. Une embellie après une année 2000 très sombre.

Il n’y a pas que les opérateurs européens qui se réjouissent de la montée de l’Euro. La hausse de la devise européenne qui vient de battre un nouveau record face au billet vert, avec une valeur de 0,95 euros pour un dollar donne des couleurs aux professionnels marocains du textile.

Des marges en peau de chagrin

L’an dernier, la baisse de la devise européenne par rapport au dollar, aggravée par la hausse des produits pétroliers, avait considérablement réduit les marges des exportateurs marocains. Moins compétitif face à la concurrence acharnée des pays asiatiques et la libéralisation des échanges, le textile chérifien a traversé une crise sans précédent : 8000 emplois auraient disparu en un an dans un secteur qui en génère des centaines de milliers.

Un désastre que les pouvoirs publics, affectés par une sécheresse de deux ans et un budget national dont 52% est consacré au fonctionnement de l’Etat et 33% à la dette extérieure, étaient bien en mal de relancer.

Dans ce contexte de conjoncture pour le moins défavorable, le gouvernement marocain a également refusé d’accéder à la demande des professionnels du textile, regroupés au sein de l’Association marocaine de l’industrie des textiles et de l’habillement (AMITH), de dévaluer la monnaie nationale, le dirham.

Le ministère des Finances, revigoré par la vente de 35% des parts de Maroc Télécom à la compagnie française Vivendi a annoncé un taux de croissance de 8% pour 2001… à condition que les récoltes soient bonnes. Une perspective rendue possible par les pluies abondantes de décembre.