L’essence augmente au Burundi, et la grogne aussi

La forte hausse des prix du carburant a déjà provoqué une grève des transporteurs. La crainte de l’inflation se répand à Bujumbura.

C’est un triple saut mémorable : le gazole passe de 420 à 520 francs burundais, l’essence de 470 à 570 F BU, le pétrole de 380 à 450 F BU. En moyenne, l’augmentation du prix des carburants au Burundi, décidée mardi 4 avril par le gouvernement, dépasse les 20 % et atteint même 23,8 % pour le gazole. Cette hausse intervient trois mois seulement après la précédente. Le ministère du commerce du Burundi l’a imputée au relèvement des prix à l’importation ainsi qu’à la dévaluation du franc burundais.

Dès le lendemain 5 avril, les prix des transports urbains sont passés de 70 F BU à 100 F BU par ticket. Et jeudi 6 avril, les transporteurs ont entamé une grève de deux jours en protestation contre la hausse des carburants. Le mouvement a provoqué d’importantes difficultés à Bujumbura. Quelques autobus de la compagnie publique Otraco ont néanmoins tenté de circuler entre quelques quartiers de la capitale.

M. David Niyungeko, président du syndicat des transporteurs, a expliqué que les transporteurs avaient cessé le travail afin de ne pas avoir à imposer de hausse du prix des transports. Une telle augmentation aurait nécessairement un impact sur les prix de l’ensemble des produits distribués au Burundi.

De son côté, le ministre du Commerce, M. Joseph Ntanyotora, a mis en garde les commerçants qui seraient tenté d’augmenter leurs prix. On ne voit pas, cependant, comment la crainte des consommateurs ne serait pas justifiée quant aux prix de détail.