Le Sahara occidental vu par les étudiants subsahariens

Les étudiants originaires d’Afrique subsaharienne résidant à Alger sont de plus en plus nombreux à s’intéresser à la cause du Sahara occidental qui réclame son indépendance vis-à-vis du Maroc depuis trente ans. Conviés par le comité national algérien de solidarité avec le peuple Saharaoui à la troisième conférence des femmes sur ce dossier épineux, à l’hôtel Sheraton, ils ont décidé suite à cette rencontre de créer un site Internet pour sensibiliser le plus grand nombre sur la question.

A Alger

« On ne peut pas rester sans rien faire ! Il faut qu’on fasse quelque chose ! » Ce ne sont pas des parole en l’air. Noëlle, étudiante en télécommunication à Alger, originaire du Niger, est bien décidée à contribuer à faire bouger les lignes sur la cause sahraouie. La jeune femme de 20 ans aux grands yeux en amande, vêtue d’un magnifique boubou rouge ornée de fils dorés, propose aux autres étudiants originaires de l’Afrique subsaharienne, de créer un site Internet concernant cet épineux dossier. L’objectif ? A travers Internet sensibiliser le plus grand nombre sur la question. Comme elle, de nombreux jeunes universitaires originaires des quatre coins du continent ont assisté à la troisième conférence des femmes sur la question du Sahara occidental dimanche dernier à Alger.

Selon Noëlle, encore beaucoup trop de personnes ignorent les difficultés que vivent les Sahraouis au quotidien. Pour remédier à cela, « nous allons créer un réseau qui permettra à tous les étudiants africains de mettre leur main à la patte pour faire avancer cette cause ».

Après tout ce que « l’on a entendu à la suite de cette conférence, on ne peut pas rester les bras croisés. Sans compter les images atroces de répression menées par les autorités marocaines à leur encontre qu’on a découvertes », renchérit pour sa part Evelyne, étudiante en commerce international. Pour la jeune béninoise de 23 ans, qui porte des chaussures à talons hauts, « le Maroc doit donner l’indépendance au peuple sahraoui qui souffre depuis trop longtemps. C’est inadmissible que la France soutiennent les autorités marocaines sur ce dossier ! »

« Nous sommes avec vous ! »

Même son de cloche pour Prudence, étudiant béninois en management, qui porte une veste noire accompagnée d’une chemise grise. « A l’heure où nous sommes, aucun peuple ne doit être sous domination d’un voisin », fustige-t-il. « Mais le combat continue», clame Abdoulaye, originaire du Niger et étudiant en génie civil. « Nous voulons signifier au peuple sahraoui qu’il n’est pas seul ! Nous nous battrons à ses côtés. Et inch’Allah nous vaincrons ! », déclare le jeune homme à la veste grise devant l’assistance.

Cette troisième conférence des femmes est « une initiative intéressante », note de son côté l’étudiante malienne en informatique et mathématiques, Salimata, âgée de 18 ans. Vêtue d’un boubou en basin rouge, elle estime « que ce débat lui a permis de mieux comprendre les enjeux du dossier du Sahara Occidental et d’échanger avec beaucoup de monde ». Pour la plupart de ces étudiants, en effet, c’est la première fois qu’ils avaient connaissance du litige qui oppose le peuple sahraoui aux autorités marocaines.

L’objectif des organisateurs qui voulaient aussi sensibiliser les jeunes du continent sur la cause sahraouie semble atteint. Une chose est sûre, les étudiants subsahariens qui ont assisté à la conférence n’en sont pas ressortis indifférents.