L’éléphant en convention

Réunis en congrès la semaine dernière, les membres de la SADC ont préparé leur argumentaire pour contourner l’interdiction qui pèse sur le commerce de l’ivoire. A trois mois de la Convention de Washington sur les espèces menacées, le Botswana milite déjà pour l’autorisation de vendre son stock d’or blanc.

S’il y a un sujet qui met tous les pays de la SADC (Communauté de développement des Etats d’Afrique australe) d’accord, c’est bien le commerce de l’ivoire. Réunis la semaine dernière à Gaborone pour préparer la Convention de Washington sur les espèces menacées (Cites) qui doit avoir lieu en novembre, les représentants des neufs pays ont essayé par tous les moyens de dégager des voies pour contourner l’interdiction de commercialiser l’or blanc.  » De toutes façons, il faut que nous vendions notre ivoire, reste à trouver les modalités « , confiait Joseph Matlhare, le secrétaire à l’Environnement et aux parcs nationaux botswanais, au journal Business Day à l’orée de la conférence.

Stratégies botswanaises

Botswana en tête, les neuf ont donc mis au point une série de propositions à soumettre à la Cites. Ils demandent le droit de commercialiser l’ivoire des éléphants morts de vieillesse. Le Botswana requiert aussi l’autorisation de vendre son stock.  » Nous avons 33 tonnes d’ivoire en stock. Nous proposons de nous en débarrasser au profit d’un acheteur unique – que nous n’avons pas encore choisi – qui s’engagerait à ne pas le revendre par la suite. Et nous demandons le droit de vendre 4 tonnes d’ivoire par an, issues des défenses des éléphants morts de mort naturelle. « , explique Isaac Geophilus, directeur adjoint à l’Environnement et aux parcs nationaux. En 1997, son pays a déjà été autorisé à vendre une partie de son stock (17 tonnes) au Japon. Tous les pays de la SADC (Namibie, Malawi, Mozambique, Afrique du Sud, Swaziland, Tanzanie, Zambie et Zimbabwe) s’apprêtent à appuyer sa cause, espérant que cela fasse jurisprudence.

L’argumentaire des Botswanais prend la Cites son propre jeu.  » Depuis que nous ne vendons plus d’ivoire, il y a de plus en plus d’éléphants. Près de 120 000 en tout. Ils détruisent les récoltes, ils font des dégâts. Il faut donc plus de gens pour s’en occuper. Et pour cela, nous avons besoin d’argent… « . Depuis 1989, la Convention de Washington sur les espèces menacées a interdit tout commerce d’ivoire, alors que le nombre d’éléphants était passé de plus de deux millions à 286 000 en trente ans. Une mesure contre laquelle s’élèvent encore publiquement l’Afrique du Sud, le Zimbabwe, la Namibie, et le Botswana.