L’économie du Sierra Leone touche le fond

Dans ce pays, l’heure est à la survie. Huit ans de guerre ont détruit tout autre type d’économie et les échanges sont virtuellement interrompus.

Le Sierra Leone, l’un des plus anciens Etats libres d’Afrique *, fut fondé par des anciens esclaves noirs d’Amérique sur un idéal de prospérité qui fut longtemps tenu. Depuis… en 1992, le pays a été jugé l’endroit du monde où la vie est la plus difficile. Il est dernier au classement du développement humain établi par le Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD). Enfin, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) vient d’établir que le Sierra Leone était le pays affichant la plus brève espérance de vie en bonne santé : moins de 26 ans.

Que dire de l’économie du Sierra Leone qui ne soit contenu dans ces chiffres ? En mars 1998, une première victoire de l’ECOMOG – la force armée des Etats d’Afrique de l’Ouest – contre les rebelles du RUF avait permis une timide reprise de l’activité. Après une récession de 20 % en 1997 et de 0,6 % en 1998, 1999 débutait par une reprise des investissements miniers, dans le BTP et dans l’agriculture. Mais l’invasion de Freetown, le 6 janvier 1999, donnait le coup de grâce à une économie au bord de l’asphyxie.

Economie au bord du gouffre

En dépit des accords de juillet 1999 entre le RUF et le président Kabbah, la destruction massive des infrastructures dans la capitale a pratiquement interrompu toutes les transactions commerciales, bancaires ou financières dans le pays. Toutes les activités sont proches de zéro, alors que la question qui se pose aux sierra-léonais est celle de leur simple survie.

Les mines de diamants, principales ressources potentielles de l’Etat, ont permis d’assurer la paix sociale pendant des décennies. Depuis le début de la guerre civile en mars 1991, elles n’ont pas cessé d’être aux mains des rebelles et n’ont pas rapporté un léone (la monnaie nationale) au budget national. Par conséquent, les seules dépenses publiques ont dû être consacrées à la solde des militaires et à l’équipement de guerre.

* avec l’Ethiopie et le Liberia