L’échange méditerranéen passe par la télé

Echange de la Méditerranée est un programme lancé par la Conférence permanente de l’audiovisuel méditerranéen. Coordonné par l’Algérie depuis février 2002, il permet aux pays du bassin d’échanger des sujets télévisuels.

Depuis février 2002, c’est la télévision nationale algérienne (ENTV) qui est en charge de la coordination de l’Echange de la Méditerranée. Un programme qui permet aux pays du bassin méditerranéen membres de la Conférence permanente de l’audiovisuel méditerranéen (Copeam) d’échanger des sujets de télévision. Fatima Boulemtafes, la coordinatrice, dresse un état des lieux de cette coopération télévisuelle.

Afrik.com : Quand a démarré le programme Echange de la Méditerranée ?

Fatima Boulemtafes : Echange de la Méditerranée a été lancé en mars 1995 par les membres actifs de la Copeam. Cela consiste en un échange de sujets news de 1 à 3 minutes sur le circuit de l’Eurovision. A l’époque, les échanges se faisaient une fois par semaine chaque jeudi avec une tranche de 20 minutes par jour. Le projet a bien marché au départ puis s’est essoufflé. Les contributions sont devenues irrégulières. C’est lors de la réunion de la Copeam à Thessalonique en 2001 que l’ENTV a proposé de prendre en charge les conditions de l’Echange et de mettre à disposition les moyens humains et techniques. J’ai été nommée coordinatrice régionale. Une réunion en novembre 2001 a mis à jour un plan de relance de l’Echange. Nous sommes passés d’une programmation hebdomadaire à cinq fois par semaine. Du lundi au vendredi à 13h20 GMT en hiver et 12h20 GMT en été.

Afrik.com : Quels pays participent à cet échange ?

Fatima Boulemtafes : La Tunisie, le Maroc, la Libye, la Jordanie, la Turquie, l’Espagne, le Portugal, la Grèce, l’Italie, la France par le biais de France 3 Marseille, la Croatie, la Syrie et le Sultanat d’Oman… C’est une formidable diversité culturelle. Nous avons mis en place entre nous un système de réclamation des sujets pour faire bouger les échanges. Pour la fête du mouton par exemple, j’ai commandé un sujet dans tous les pays, ce qui a permis d’avoir une vision globale de cette manifestation autour de la Méditerranée.

Afrik.com : La nouvelle formule de l’Echange a débuté en février 2002, avez-vous un premier bilan ?

Fatima Boulemtafes : Nous étions un peu inquiets mais cette formule a connu un excellent départ. Nous avons échangé en trois mois le nombre de sujets qui s’échangeaient avant en un an, soit 200 sujets ! C’est très positif, en quantité mais aussi en qualité. Les gens attendent les programmes avec impatience, même les pays asiatiques sont intéressés.

Afrik.com : Le contenu a-t-il aussi évolué ?

Fatima Boulemtafes : Jusqu’à présent le contenu éditorial était axé sur des sujets culture mettant en valeur certaines spécificités des pays. Depuis février, j’ai introduit des sujets sport, notamment la couverture des tournois régionaux. Nous en avons reçu des échos très favorables. Nous nous sommes orientés vers une actualité régionale : nous traitons d’une rencontre culturelle, économique ou sportive dans un des pays de la rive. La ligne éditoriale va dans la bonne voie. Pour autant, nous voulons améliorer le contenu car il arrive que le son soit défectueux ou que le texte manque de détails… Des recommandations ont été faites lors de la dernière Copeam à Alger (du 8 au11 mai derniers, ndlr) pour améliorer la qualité du son, de l’image et des scripts.

Afrik.com : Comment voyez-vous l’avenir de l’Echange ?

Fatima Boulemtafes : Devant le succès de cet échange durant la période expérimentale de trois mois, l’Eurovision nous a proposé de passer à 7 jours sur 7, peut-être pour octobre 2002. Nous souhaitons la participation d’autres membres de la Copeam comme Chypre, Malte, le Liban, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie ou la Bulgarie, pour compléter notre Méditerranée ! Dans nos dernières recommandations nous avons émis le souhait de réunions périodiques régulières des coordinateurs de la Méditerranée et un soutien aux pays qui ont des difficultés techniques, comme la Libye qui a du mal à acquérir du matériel. Je sais aussi que l’Urtna (Union des radios et télévisions africaines) a émis le voeu de participer et il va falloir régler les problèmes techniques qu’elle rencontre.

Pour en savoir plus :

Nombre de sujets échangés du 4 février au 20 avril 2002 :

ENTV : 75, Jordanie : 54, France 3 : 17, Espagne : 15, Tunisie : 12, Portugal : 12, Croatie : 11, Italie : 9, Turquie : 6, Grèce : 6.