L’e-management, un pari de modernité pour l’Afrique

La Tunisie accueille une conférence internationale sur le « e-management » du 13 au 26 septembre dans le cadre de la préparation du Sommet Mondial sur la Société de l’Information. Pour l’Afrique, cette initiative est l’opportunité de définir une position commune dans l’utilisation des systèmes intranet.

Par Floréal Sotto

Sauter à pieds joints dans le monde moderne grâce aux Technologies de l’information et de la communication (TIC). Un coche à ne pas manquer pour l’Afrique. Globalisation, délocalisation, concurrence accrue, sont autant de facteurs qui poussent les entreprises à adopter de nouvelles formes de management et qui pourraient, par un effet de feed back, aider au développement sur le continent. Tel sera le thème de la conférence sur le e-management qui se tiendra à Tunis du 13 au 16 septembre.

Lors de cet grand rendez-vous international, organisée par l’E-management Consortium (EMC), des experts en TIC et en management des ressources humaines se mobiliseront « pour aider les chefs d’entreprises à mieux intégrer la société de l’information » et à faire fonctionner des équipes « au-delà des frontières de l’entreprise, au-delà des frontières géographiques », explique le site Internet. L’EMC se fixe comme mission de faire évoluer les outils, les techniques et les méthodes du e-management. Cette conférence traitera également du e-management appliqué au e-tourisme, e-santé, e-business, e-éducation, e-gouvernement et verra naître l’IJMAT (International journal of e-management and technologies). Un journal scientifique sur les pratiques et méthodes du e-management.

Un pari pour l’Afrique

Pour la Tunisie le pari est déjà lancé. « La Tunisie tend à l’utilisation de nouvelles technologies d’e-management pour renforcer ses compétences et assurer une compétitivité internationale à ses entreprises », a expliqué à Afrik Mr Ziadi Jameleddine, coordinateur de la conférence. Le pays hôte inaugurera d’ailleurs à cette occasion un master spécialisé en e-management à la faculté des sciences économiques et de gestion de l’université de Tunis. « Les Tunisiens présenteront une approche originale de l’e-management qui prend en compte les aspects culturels du pays, ses ressources humaines et ses visées compétitives à l’étranger », nous a précisé Mr Jameleddine.

Parallèlement, l’Afrique a décidé de se mobiliser pour unifier sa position en vue de cette conférence. Les ministres des TIC sur la gouvernance intranet se sont réunis à Dakar début septembre. « La réussite du grand rendez-vous de Tunis ne permet pas d’aller en rangs dispersés alors que d’autres continents sont unis », avait déclaré M Wade, chef de l’état sénégalais, lors de la cérémonie d’ouverture. Le Sénégal qui, rappelons le, est en charge du volet Nouvelles technologies au sein du NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique). « Nous allons utiliser le numérique dans la lutte contre la pauvreté », avait-t-il alors confié au magazine du Centre de Recherche pour le Développement International (CRDI). Mettre en place un système d’intranet gouvernemental (Internet appliqué à l’intérieur même d’une organisation) permettrait « de gagner du temps et de l’argent avec des économies estimées à plus de 1 milliard de FCFA pour le Sénégal », avait-il expliqué. Le NEPAD entend ainsi réduire le fossé numérique nord-sud et les nouveaux jalons seront posés à Tunis.