L’artiste musicien congolais Wendo enterré dimanche à Kinshasa

Antoine Wendo Kolosoy a rejoint sa dernière demeure dimanche à Kinshasa. Des milliers de personnalités et d’inconnus se sont réunis pour rendre un dernier hommage à celui que l’on considère comme le père de la rumba congolaise.

L’artiste musicien congolais Antoine Wendo Kolosoy, familièrement appelé « Papa Wendo », décédé le 28 juillet dernier à l’âge de 83 ans, a été inhumé dimanche à Kinshasa, à l’issue d’une grandiose cérémonie de deuil à laquelle plusieurs milliers d’officiels, de musiciens et de mélomanes ont pris part samedi et dimanche.

La dépouille mortelle de Wendo avait été exposée à l’esplanade du Stade des Martyrs – le plus grand complexe omnisports de capitale congolaise -, où de nombreuses personnes lui ont rendu hommage au cours d’une cérémonie de deuil qui a enregistré témoignages, hommages et diffusion de plusieurs chansons du répertoire du disparu.

« Wendo était un résistant, un patriote et un unificateur des générations musicales congolaises », a indiqué, dans son témoignage, le Pr Philémon Mukendi, ministre honoraire de la Culture du gouvernement Laurent-Désiré Kabila.

Résistance à la culture coloniale

Il a expliqué que le défunt était un résistant pour avoir été le premier à faire de la musique en pleine période coloniale, mettant ainsi à la disposition de la population congolaise un outil de valorisation de la culture congolaise et donc de résistance à la culture coloniale.

La même résistance, Wendo l’a utilisée lorsqu’il a cessé de faire de la musique pendant la dictature du régime Mobutu pour ne pas tomber dans le culte de la personnalité du défunt Maréchal. Culte auquel se sont livrés bon nombre de musiciens congolais de la deuxième République, a relevé le Pr Mukendi.

Il a noté que Wendo était un patriote pour avoir accepté de reprendre la musique à la chute de la dictature de Mobutu et avec l’avènement du régime « patriotique » Kabila Laurent-Désiré.

Une importante œuvre musicale

Wendo Kolosoy, considéré comme le père de la rumba congolaise, laisse une importante œuvre musicale marquée par trois chansons symboles. « Marie Louise » passe pour être l’une de ses premières créations célébrant l’amour de sa vie. « Ata Ndele mokili ekobaluka », qui signifie « Tôt ou tard, le monde changera », stigmatise la colonisation et magnifie l’immensité et les richesses du Congo. Quant à « Franc congolais », elle exalte les mérites de l’unité monétaire congolaise créée en 1998 par Laurent-Désiré Kabila, en remplacement du zaïre, monnaie du régime Mobutu.

Né en 1925 à Mushie, dans la province de Bandundu, dont est également originaire Tabu Ley Rochereau, Wendo Kolosoy symbolisait le début de la rumba congolaise. Il incarnait également une période dite ancienne de la musique congolaise, communément appelée « Tango ya ba Wendo » ou « Génération Wendo ».