L’art griotique sublimé

Coup de jeune pour l’ancestral art griotique guinéen. En introduisant dans sa musique des belles influences occidentales Sékouba Bambino réussit le pari de la tradition dans la modernité. Son dernier album, Sinikan, est un modèle du genre à écouter et à faire découvrir.

A 38 ans, Sékouba Bambino est le plus célèbre porte-drapeau de la culture guinéenne. Avec  » Sinikan « , son dernier album, il se montre plus qu’à la hauteur de sa réputation. Un album haut en couleurs savamment nourri d’influences occidentales. Auteur, compositeur et interprète, le griot Bambino fait vivre son art et conjugue la tradition au présent.

Métissage réussi. La musique de Sékouba, soignée par les arrangements du Français François Bréant, tout en étant résolument moderne, a su garder toute son authenticité africaine. Le duo de travail fonctionne bien. Il faut dire que François Bréant est loin d’être un novice en la matière. Il avait déjà fait preuve de sa toute particulière sensibilité musicale auprès de Salif Keita en personne sur l’inoubliable album  » Soro  » (1987).

Cuivres et violons

Dès l’entame de l’album, on commence à comprendre à quelle sauce Sékouba compte nous cuisiner. Violons. Une ligne de violons aux accents légèrement orientaux accompagne et structure le rythme de la musique pour lui donner une touche à la fois heureuse et originale. Rajoutez-y une belle basse ou une petite section cuivres et vous obtiendrez un son rond et chaud où il n’y a rien décidément rien à jeter.

Mais que reste-t-il de la Guinée dans tout ça, nous direz-vous. Hé bien, beaucoup de choses, à commencer par la voix de Monsieur Bambino. Celui qui officie également au sein du célèbre collectif panafricain salsa Africando imprime ici sa marque mandingue au simple timbre de sa voix. Sa voix est la musique et la musique est sa voix. Les deux se mêlent ensemble pour afficher une belle complémentarité. Et puis il y a tous les instruments traditionnels : la flûte, le balafon, la cora. Et puis il y a les choeurs féminins, très justes, authentiques.

On aurait pu craindre le pire en voyant sur la pochette un denier titre  » remix danse « . Même pas. Pas de boum-boum abrutissants mais pour le coup une très bonne réorchestration, plus tonique, de  » Famou « , le quatrième morceau d’un album qui est tout sauf une imposture.

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