L’art de la séduction selon Spike

Spike coach depuis trois ans des hommes paralysés à l’idée d’aborder une femme qui leur plaît. Elégant et sûr de lui, le docteur en psychologie est déjà venu en aide à quelque 1 500 mâles qui, selon lui, ont tous fait des progrès en matière de séduction, de confiance en soi ou de look. Interview.

11h30. Assis dans un café parisien branché, Spike termine son petit déjeuner en compagnie d’une journaliste venue l’interviewer sur sa profession : coach en séduction. Pas banal, et pourtant si nécessaire, selon ce docteur en psychologie de 29 ans. En trois ans, l’« instructeur », qui ne souhaite pas médiatiser son véritable nom, aurait aidé quelque 1 500 mâles à accroître leur potentiel de séduction auprès de la gent féminine. L’élégant Français d’origine guyanaise, parfois assisté d’anciens élèves, donne notamment des cours pour approcher une femme avec finesse et relooke les clients qui le souhaitent. L’Atelier séduction intense de trois heures, le moins cher, revient à 295 euros. Pour l’Atelier séduction VIP, le plus onéreux, l’apprenti doit débourser 1 280 euros s’il est formé par un assistant de Spike et 1 440 euros s’il est coaché par le boss de la société SpikeSéduction himself. Ces modules sont remboursables – hors acompte – si le client juge la prestation non satisfaisante au bout de la première journée. Jusqu’à présent, Spike assure qu’il n’a jamais eu à rendre le moindre sou. Le docteur ès séduction nous explique son travail.

Afrik.com : Comment définiriez-vous la séduction ?

Spike :
(Il réfléchit longuement) Oser faire devant les gens qui nous plaisent ce que l’on fait devant les gens qui ne nous plaisent pas. Il faut réussir à être aussi drôle et spontané devant une personne qui nous plaît que devant son petit frère.

Afrik.com : Pensez-vous qu’il y a une différence entre la drague et la séduction ?

Spike :
A l’origine, il n’y a pas des masses de différence. Mais la société a fait que l’on associe plus la drague à de la lourdeur dans la façon de faire, alors que la séduction renvoie plus à une idée de charme. Mais la différence entre ces termes est un faux débat. Ce qui compte au final, c’est qu’on ose aller vers les autres. Ce qui m’intéresse, c’est que l’on tisse des liens sociaux, qu’on ne tire pas la tronche et qu’on se parle plutôt que de prendre un gros forfait et d’appeler ses amis des heures ou de se retrouver sur des sites de rencontre, des tchats ou Facebook. Car les gens se satisfont parce qu’ils ont des centaines d’amis sur leur Facebook alors que, concrètement, ils n’arrivent pas à parler à leur voisine de table…

Afrik.com : Pourquoi avez-vous choisi le métier de coach en séduction ?

Spike :
Ce n’est pas nous qui choisissons notre métier, c’est notre métier qui nous choisit. J’avais un père qui draguait tout ce qui bougeait, ce n’était pas quelqu’un de fidèle et sérieux. C’était tout ce que je n’aimais pas et je voulais être l’inverse, et certainement pas un coureur de jupons ! Je suis un adepte des relations sérieuses.

Afrik.com : Quel est le profil des hommes qui viennent vous voir ?

Spike :
Il n’y a pas de profil type, il y a vraiment de tout. Le plus jeune a 17 ans et le plus âgé à 57 ans. Tous ces gens ont l’humilité de reconnaître qu’aller vers les autres n’est pas si facile. 99% des hommes sont morts de trouille à l’idée de parler à une femme. Les femmes ne peuvent pas imaginer ce que c’est pour nous !

Afrik.com : Avez-vous vous-même peur à l’idée de parler à une femme ?

Spike :
Ça me terrorisme moins, et heureusement pour moi ! Mais ça m’effraie quand même un peu. Celui qui dit que ça ne l’effraie plus est un menteur. En tout cas, je n’y crois pas.

Afrik.com : Que viennent chercher les hommes qui viennent vous voir ? Une aventure, le grand amour… ?

Spike :
Leur quête est personnelle. Qu’ils cherchent une aventure ou à se caser, la base est la même : il faut rencontrer des gens. Si on ne rencontre personne, on se cantonne aux sites Internet ou aux call girls. J’apprends donc à mes élèves à rencontrer des gens. Après, ils voient avec leur morale. Je ne vais pas installer une caméra pour voir ce qu’ils font. C’est leur affaire.

Afrik.com : Quelles sont selon vous les qualités du parfait petit séducteur ?

Spike :
(Il réfléchit) Le sourire, la joie de vivre, l’énergie et le fait de savoir raconter. Mais il ne faut pas trop se raconter car les gens parlent parfois beaucoup d’eux-mêmes alors que ça n’intéresse personne !

Afrik.com : Quelles sont vos sources d’inspirations (expériences personnelles, films, livres…) pour alimenter vos cours ?

Spike :
On est bien sûr tous marqués par nos expériences personnelles… Pour les films, j’aime beaucoup les anciens séducteurs comme [l’acteur américain] Cary Grant… J’aime ce genre d’attitude entre [le chanteur américain] Pete Doherty et le petit garçon sage. En ce qui concerne les livres, il n’existe pas vraiment de bons livres de séduction. Je préfère les livres de psychologie, de sociologie et de marketing. De marketing, car on se vend quand on veut plaire… Une fille fait attention à ce qu’elle porte, se maquille… Un garçon ne va pas sortir avec son jogging troué…

Afrik.com : Vous vous moquez un peu des défauts de vos élèves durant les cours. Certains ne le prennent-ils pas mal ?

Spike :
Un bon enseignant n’est pas un enseignant démagogue. Je ne suis pas là pour qu’on m’aime mais pour trouver les moyens de compléter ce qui leur manque. Et aucun d’entre eux n’a un pistolet sur la tempe pour venir à mes cours…

Afrik.com : Sur une vidéo visible sur le site You Tube, il est écrit en titre « Spike l’AFC (abbréviation de average frustrated chump, qui désigne en substance un homme qui peine à avoir des relations amoureuses) : méchanceté et mépris ». Qu’en pensez-vous ?

Spike :
Pour moi, l’AFC est quelqu’un de gentil et c’est donc contradictoire avec méchant et méprisant. Mais si le fait de dire à quelqu’un qui prend des cours de natation : « Ne mets pas ton bras comme ça, mets-le comme ça » est méchant, alors je le suis. Mais mes élèves reviennent. Lors des séminaires, comme celui qu’il y aura samedi, il y a une cinquantaine de personnes et, quand je demande qui est déjà venu, quarante lèvent la main. Si je les méprisais et les torturais, ils arrêteraient de venir ! Les gens ne sont pas bêtes ! [Parmi ceux qui critiquent,] il y a des jaloux qui jouent à la Play Station toute la journée et viennent faire des commentaires sur Internet après…

Afrik.com : Lorsque l’on lit certaines contributions de votre site et qu’on entend certains de vos conseils, on a le sentiment que la séduction est un peu un art « mécanique »…

Spike :
La séduction n’est pas mécanique. Il faut qu’elle soit la plus naturelle et spontanée possible. Mais quand on est devant quelqu’un qui nous plaît, on perd ses moyens. L’objectif des cours est de donner deux ou trois ingrédients pour que les gens ne les perdent pas et instaurent une connexion, un jeu.

Afrik.com : Diriez-vous que vous avez un fort « taux de réussite » comme coach ?

Spike :
Je dirais que tous les élèves arrivent à faire mieux qu’avant. Si un homme arrive et qu’il est incapable d’ouvrir la bouche, qu’il est tremblotant et transpirant, c’est idiot de penser que demain il rencontrera une femme comme Noémie Campbell. Il rencontrera quelqu’un qui lui plaît, mais à son niveau.

Afrik.com : Avez-vous des projets de déclinaison de vos cours de séduction, à la télévision par exemple ?

Spike :
Des télévisions m’ont contacté. Les projets ne sont pas assez avancés pour que je puisse en parler. Mais j’aimerais beaucoup faire de la radio, faire une émission de coaching qu’on écouterait avec le sourire, qui aurait un ton léger et drôle et où des conseils pertinents seraient donnés. Aujourd’hui, il n’y a pas d’émission qui allie les deux. Mais les radios ne m’ont pas contacté.

Afrik.com : Envisagez-vous de coacher aussi des femmes ?

Spike :
En fait, il n’y a écrit nulle part que mes cours sont réservés aux hommes. C’est peut-être l’approche qui plaît moins aux femmes.

Afrik.com : Avez-vous déjà eu des femmes en cours ? Sont-elles de bonnes élèves ?

Spike :
J’ai eu quelques femmes. Je les ai trouvées paradoxalement meilleures à la base et beaucoup plus longues à se remettre en question. Elles disent : « Je ne peux pas changer, je suis comme ça ». Les hommes sont totalement nuls et l’acceptent et parviennent à rattraper leur retard.

Afrik.com : Envisagez-vous un jour de faire du coaching en séduction pour les homosexuels ?

Spike :
Non, car je ne sais pas comment ça marche. Je ne suis pas homosexuel et je ne connais pas leurs codes. Je ne suis pas compétent.

Visiter le site de Spike

Le séminaire de séduction de samedi se déroulera samedi 12 janvier :

Hôtel Normandy

7, rue de l’échelle

75001 Paris