L’âme de Mugabe mise à nue dans une pièce de théâtre

Le dramaturge britannique, Fraser Grace, a eu l’idée de créer une pièce de théâtre sur le Président zimbabwéen, Robert Mugabe. Elle sera jouée à New-York.

Qui l’aurait cru ? A 89 ans Robert Mugabe débarque au théâtre. Mais attention dans cette pièce de théâtre imaginée par le dramaturge britannique, il n’est pas question de parler de ses 33 ans de règne au Zimbabwe, avant sa récente réélection. Intitulée Breakfast with Mugabe (Petit-déjeuner avec Mugabe), la pièce introduite à Londres pour la première fois en 2005 sera jouée à New-York, au Pershing Square Signature Centre, jusqu’au 6 octobre.

Dans sa pièce, où il n’a choisi que quatre personnages : Robert Mugabe et sa femme Grace, Gabriel, son garde du corps et Andrew Peric, un psychiatre blanc zimbabwéen employé par le Président, le dramaturge explore les moindres recoins de l’âme du chef d’Etat mise à nue. Le psychiatre notamment qui a un rôle central dans la pièce tente de comprendre les blessures du passé qui tourmentent le dirigeant. Comme l’abandon par son père lorsqu’il était enfant, la mort de son fils, dont il n’a pas pu assister aux funérailles, pendant sa détention lors du régime colonial. Ou encore ses graves litiges avec sa première femme. Tant de maux qui l’ont sans doute fait devenir l’homme qu’il est aujourd’hui.

Mugabe «le monstre»

Mais qu’est-ce qui a donc poussé Fraser Grace a faire une pièce sur Robert Mugabe honni par de nombreux dirigeants occidentaux, qui lui adresse à peine la parole ? Ce sont avant tout des articles peu flatteurs sur Robert Mugabe qui lui ont mis la puce à l’oreille. Et surtout l’article du journal Times of London qui évoquait les problèmes psychologiques de Robert Mugabe, après sa victoire controversée à la Présidentielle de 2002, qui aurait été la source d’inspiration du dramaturge britannique.

D’après Fraser Grace, « à chaque fois que Mugabe était dans les journaux, il était décrit comme un monstre. Et mon point de départ était que l’on ne naît pas monstre, on le devient ». Le dramaturge estime qu’il « n’y a aucun doute que certains traits de son comportement sont monstrueux. Mais il est intéressant de voir qu’il a connu bien des expériences que Nelson Mandela a connues : la lutte pour l’émancipation noire, la prison… Ils ont tous deux souffert de terribles humiliations et l’oppression sous la colonisation ».