L’Algérie embrasée

La révolte kabyle a déjà trouvé place dans un livre. Le journaliste algérien Farid Alilat et sa consoeur de Canal + Shéhérazade Hadid ont remonté le cours des évènements du brasier berbère. Enquête en quête de sens.

Vous ne pouvez pas nous tuer, nous sommes déjà morts. Les jeunes kabyles occupent la rue depuis le 20 avril dernier. Ce jour-là, un jeune lycéen a été assassiné dans la brigade de gendarmerie de Beni-Douala, en Grande Kabylie. Assassinat que le ministère de l’Intérieur a voulu couvrir en accusant la victime de vol puis de rébellion, avant de faire machine arrière. Trop tard, la ville du chanteur engagé Matoub Lounès, lui aussi assassiné dans des conditions mystérieuses, s’embrase. Très vite, c’est toute la Kabylie qui se révolte contre le pouvoir central. Farid Alilat, ancien journaliste au quotidien Le Matin et Shéhérazade Hadid, envoyée spéciale de Canal +, sont allés enquêtés  » sur le terrain « . Ils reviennent avec un document douloureux mais juste.

Poitrines nues contre balles réelles

Les deux journalistes ont préféré donner la parole aux victimes et à leurs proches. Témoignages lancinants. Et l’on arrive à comprendre pourquoi les jeunes kabyles offrent leurs poitrines aux balles. Dans une Algérie torturée par le terrorisme et le chômage, ces jeunes  » n’ont plus rien à perdre « . C’est au cri de  » vous ne pouvez pas nous tuer, nous sommes déjà morts  » que les jeunes affrontent les forces de l’ordre. La révolte kabyle a vite dépassé les frontières de la Kabylie. A la question identitaire berbère sont venus greffer d’autres revendications sociales et politiques.

L’Algérie embrasée, publié aux éditions 1, est un livre écrit sur le vif. C’est un travail d’historiens du présent.  » La quiétude ne reviendra en Kabylie que lorsque les assassins seront jugés publiquement dans des procès impartiaux et équitables. La région a besoin de cette réparation morale pour être en paix avec elle-même « , concluent les auteurs. A lire d’urgence.

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