L’Algérie dévoilée

Une des photos du livre

Afrik.com s’est associé aux Editions « Petit Futé » pour publier un livre exceptionnel : « Mon Algérie », album de photographies de Sébastien Cailleux. Voyage unique à travers l’Algérie contemporaine, dont le travail patient et juste de l’artiste dévoile tour à tour toutes les facettes. Les commentaires, précis et rapides, sont de Khaled Elraz.

Il y a des livres qui étonnent immédiatement : « Mon Algérie », magnifique album du photographe Sébastien Cailleux, discrètement accompagné de courts commentaires de Khaled Elraz, est l’une de ces bonnes surprises de l’année : « On me dit Algérie, et c’est une pluie d’images et de personnages. Ensemble, ils forment une unité, qui tient du paradoxe. Les multiples héritages de l’Algérie composent une identité vivante, diverse, et il n’est d’abord pas possible de trier dans cette profusion… » « L’Algérie n’est pas une terre, c’est un caractère. Entier. »

La pluie d’images dure 200 pages, ininterrompue, dans une profusion et une diversité inattendue, toujours déroutante. Les photos sont splendides, parce qu’au-delà de leur qualité, elles montrent un pays en pleine évolution, avec ses contradictions, son élan vers la modernité et tout ce qui le retient à son passé et qui forme sa personnalité. Personnalité attachante, sur laquelle jamais l’observateur ne pose un regard réducteur ou complaisant. C’est la justesse d’un œil qui est aussi un objectif : il suffit d’une seconde, c’est une fraction de vie qui est saisie.

Beauté des visages

De tous les portraits qui se succèdent, on ne sait lequel retenir : des adolescents d’Oran ou des étudiantes qui visitent Timgad, des visages intenses de Ghardaïa ou du regard vif des Touaregs, des yeux enchantés des enfants qui préparent une fête, du clin d’œil sage du vieux kabyle qui parle avec ses mains, de l’attention des joueurs de dominos à Bejaïa, de l’œil précis du dinandier de Constantine

Et puis ce sont les villes qui se succèdent, les quartiers, et les paysages, et les grands espaces, les Oueds séchés, les déserts multiples et différents, qui portent des noms mythiques et que le photographe fait chanter : Sahara, Tassili, Hoggar, Atakor, Assekrem. Les photographies accompagnent les étonnements de l’âme : voici l’ermitage du Père de Foucauld, qui ne pouvait « voir l’Atakor sans penser à Dieu », et c’est soudain comme une explosion de lumière et d’azur sur la terre… Voici soudain le Hoggar vert et rose, couvert de prairies fleuries : la pluie, en une nuit, a produit ce miracle.

Le génie de la nature et le génie des hommes

Il faudrait parler aussi de Djemila, site antique dont la tranquille majesté règne dans un écrin de montagnes enneigées : les colonnes romaines défient le temps et maintiennent leur beauté symétrique, fruit d’un improbable équilibre, à l’épreuve des millénaires.

« Mon Algérie » n’est pas un livre comme un autre : c’est une déclaration d’amour. Message de foi et de bonheur à l’attention d’une Algérie qui n’est ni idéalisée, ni tronquée, décrite avec les yeux du cœur, qui voient juste. Message d’espoir et d’énergie qui partage les joies et les peines des Algériens d’aujourd’hui, leurs impatiences et leurs peurs, sans jamais oublier sa faculté d’émerveillement. A Sébastien Cailleux, frère de tous les hommes que son regard croise, deux mots seulement : bravo et merci.

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