L’agriculture, sujet principal du 23e sommet de l’Union africaine

Le sommet de l’Union africaine, ouvert depuis le 20 juin, a réuni les chefs d’Etat et de gouvernement, des pays qui forment cette organisation, en Guinée équatoriale, à Malabo. Ils ont ainsi fait le bilan de leur politique agricole des dix dernières années.

L’agriculture et la sécurité alimentaire étaient les thèmes principaux du sommet de l’Union africaine qui s’est ouvert le 20 juin, rapporte RFI. Le but étant de donner une nouvelle impulsion à un secteur essentiel de l’économie africaine, et qui compte près des deux tiers des employés du continent africain. Pour cela, une décision avait été prise il y a deux ans, par les Etats membres de l’UA, de consacrer ce 23e sommet à l’agriculture.

Ce programme intervient 10 ans après le lancement du Plan détaillé du développement de l’agriculture africaine (PDDAA), qui avait pour objectif d’aider les pays africains à atteindre le taux de croissance agricole de 6% par an.

Rappelons qu’en 2003, lors du sommet de Maputo, au Mozambique, les pays africains s’étaient engagés à dédier au moins 10% de leur budget national au secteur agricole. L’Agriculture est le premier moyen de subsistance en Afrique, 17% du PIB. L’investissement dans ce domaine permet à la fois de pérenniser les emplois et de réduire la faim ainsi que la pauvreté.

La Banque mondiale a d’ailleurs déclaré que la croissance du secteur agricole était environ deux fois et demie plus efficace pour faire reculer la pauvreté que la croissance des autres secteurs.

L’engagement n’a pas été respecté

Aujourd’hui, on peut donc constater, que dix ans après, l’engagement pris à Maputo n’a été respecté que de manière très limitée par les Etats africains. Seulement 10% des 53 pays qui ont signé le protocole ont consacré 10% de leur budget au secteur agricole, ( Burkina Faso, Guinée, Sénégal, Mali, Ghana, Ethiopie, Malawi). Le Ghana, le Burkina ou l’Ethiopie ont ainsi vu leur secteur agricole rapidement augmenter et se moderniser. A titre de comparaison, le Nigeria, la première puissance économique d’Afrique, consacre moins de 2% de son budget au secteur agricole.

Les organisations de la société civile regrettent que le respect des engagements de Maputo ne soit pas obligatoire. Elles exhortent donc l’Union africaine a passé de la « rhétorique à l’action ». Ces observateurs craignent que l’Afrique, qui consacre 33 milliards de dollars chaque année à l’importation de denrées de base, ait du mal à suivre le rythme de l’augmentation des prix.

Cependant, des points positifs sont à soulever des accords de Maputo, selon Jean Zoundi, grand spécialiste de l’agriculture africaine. « Même si les engagements de Maputo n’ont pas été pleinement tenus, Maputo demeure un tournant majeur dans la prise de conscience en Afrique, des potentialités du secteur agricole et de la nécessité de mettre en place des infrastructures modernes adéquates, notamment celles qui permettant de relier les zones de production aux zones de consommation », a-t-il déclaré.